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dimanche 6 septembre 2026

Un enfant caché

« La Main vint effectivement me rendre visite, en compagnie de lord Stannis, le frère du roi. Mais je suis au regret de confesser qu’ils ne m’honorèrent pas de leur clientèle. »
Ned posa sur lui un regard paisible et, sans mot dire, attendit. L’expérience le lui avait appris, le silence est parfois plus efficace que les questions. Et tel fut le cas.
« Comme ils voulaient voir le garçon, dit l’armurier, je les emmenai à la forge.
— Le garçon », fit Ned en écho. De qui pouvait-il bien s’agir ? « Moi aussi, j’aimerais le voir. »
Le maître aborda un grand diable, aux bras et à la poitrine musculeux, qui devait avoir à peu près l’âge de Robb. « Lord Stark, nouvelle Main du Roi », lui dit-il, tandis que le garçon, tout en repoussant en arrière ses mèches empoissées de sueur, examinait Ned sans aménité. Il avait les yeux bleus, les cheveux drus, broussailleux, crasseux et d’un noir d’encre. Une ombre de barbe lui charbonnait le menton. « Gendry, monseigneur. Très costaud, pour son âge, et il travaille dur. Montre à Son Excellence le heaume que tu as réalisé, mon garçon. » Comme à contrecœur, Gendry les conduisit à son banc et en retira un heaume en forme de chef de taureau aux cornes incurvées. Ned tourna, retourna l’œuvre. L’acier, brut encore, en attendait le polissage mais, telle quelle, elle révélait un remarquable savoir-faire. « Du beau travail. Je serais heureux que tu consentes à me le céder. »
Gendry le lui arracha des mains. « Il n’est pas à vendre. »
Scandalisé, Tobho Mott le rabroua : « Enfin, mon garçon ! oublies-tu que tu parles à la Main du Roi ? Si Son Excellence désire ce heaume, fais-lui en présent. Elle t’honore en le demandant.
— Je l’ai forgé pour moi, s’entêta Gendry.
— Veuillez l’excuser, monseigneur, reprit précipitamment son maître. Il est aussi brut que de l’acier neuf et, comme l’acier neuf, il suffira de le battre un peu pour l’améliorer. Quant à ce heaume, il est tout au plus l’œuvre d’un manouvrier. Pardonnez-lui, et je vous promets de vous ciseler un heaume tel que vous n’en aurez jamais vu.
— Mais je n’ai rien à lui pardonner, dit Ned. Dis-moi, Gendry, lorsque lord Arryn est venu te voir, de quoi avez-vous parlé ?
— Il m’a seulement posé des questions, m’seigneur.
— Quel genre de questions ? »
Le garçon haussa les épaules. « Ben..., comment j’allais, est-ce que j’étais bien traité, si j’aimais mon travail, et des tas de trucs sur ma mère. Qui elle était, à quoi elle ressemblait, et tout et tout.
— Que lui as-tu répondu ? »
Il rejeta de son front la mèche noire qui venait de le lui barrer. « Elle est morte quand j’étais petit. Elle avait des cheveux jaunes et, quelquefois, elle chantait pour moi, je me souviens. Elle travaillait comme serveuse dans une brasserie.
— Et lord Stannis ? il t’a interrogé aussi ?
— Le chauve ? Non, pas lui. Il a pas dit un mot. Juste y me regardait d’un air furieux, comme si j’y avais violé sa fille.
— Veux-tu bien surveiller ta langue, s’indigna son maître, quand tu t’adresses à la Main du Roi en personne ! » Le garçon baissa le nez, penaud. « Brave garçon, mais d’un têtu ! Ce heaume, tenez..., c’est parce que les autres l’appellent tête de taureau. Il le leur a lancé dans les gencives. »
Ned toucha la tête incriminée, plongea les doigts dans sa toison noire. « Regarde-moi, Gendry. » L’apprenti releva les yeux. Ned, alors, étudia la forme de la mâchoire, le regard bleu de glace. Oui, pensa-t-il, vu. « Retourne à ton travail, mon garçon. Désolé de t’avoir dérangé. »
Ned hocha la tête. Décidément, ce Tobho Mott, maître armurier, lui plaisait. « S’il advenait jamais que Gendry préfère manier l’épée plutôt que d’en forger, veuillez me l’envoyer. Il a l’allure d’un guerrier. D’ici là, soyez assuré, maître Mott, de ma gratitude et de ma parole. S’il me prend fantaisie d’un heaume à effarer les enfants, ma première visite sera pour vous. »
Comme il sautait en selle, Jacks lui demanda : « Vous avez trouvé quelque chose, monseigneur ?
— Oui », répondit-il, perplexe. Que diable lord Arryn comptait-il faire d’un bâtard de roi, et pourquoi cela lui avait-il coûté la vie ? A Game of Thrones, Eddard VI

dimanche 5 avril 2026

La relève

Il regagnait ses appartements dans la tour de la Main quand il tomba, au détour de l’escalier à vis, sur le spectacle inopiné d’Arya qui, moulinant des deux bras, tâchait de tenir en équilibre sur une seule jambe. Avec le succès manifeste d’avoir écorché ses pieds nus aux aspérités de la pierre. Il s’immobilisa, bouche bée. « Que diantre fais-tu là, ma fille ?
— Syrio assure qu’un danseur d’eau peut demeurer des heures entières sur un seul orteil. »
Il ne put s’empêcher de sourire et taquina : « Bon, mais lequel ?
— Sur n’importe lequel », répliqua-t-elle, hérissée par la question. D’un saut, elle changea de pointe et tangua périlleusement, le temps de récupérer son assiette.
« Est-il absolument nécessaire que tu t’y exerces ici ? La chute sera rude, si tu dévales...
— Syrio assure qu’un danseur d’eau ne tombe jamais. » Elle reprit la position normale. « Est-ce que Bran va venir nous rejoindre, à présent, Père ?
— Pas de sitôt, ma douce. Il lui faut recouvrer ses forces. »
Elle se mordit la lèvre. « Que fera-t-il, quand il sera grand ? »
Il s’agenouilla devant elle. « Il a des années devant lui pour trouver la réponse, Arya. Contentons-nous, pour l’heure, de savoir qu’il va vivre.
— Il voulait devenir chevalier, disait à présent Arya. Chevalier de la Garde. Il peut encore ?
— Non », dit-il. A quoi bon mentir ? « Mais rien ne s’oppose à ce qu’un jour il tienne une place forte importante et siège au Conseil du roi. Ou bien construise des châteaux, à l’instar de Brandon le Bâtisseur ; ou bien fasse, à bord d’un vaisseau, la traversée des mers du Crépuscule ; ou encore adopte la religion de Mère et accède à la dignité de Grand Septon. » Mais, plus jamais, songeait-il avec une tristesse indicible, il ne courra aux côtés de son loup, jamais il n’étreindra de femme, jamais il ne prendra dans ses bras un fils de sa propre chair.
Arya pencha la tête de côté. « Et moi ? je pourrais être conseiller du roi, bâtir des châteaux, devenir Grand Septon ?
— Toi, dit-il en lui posant un petit baiser sur le front, tu épouseras un roi, tu régneras sur son château, et tes enfants seront chevaliers, princes, seigneurs, voire, oui, l’un d’eux, peut-être, Grand Septon. »
Le visage d’Arya se ferma. « Non, dit-elle, tout ça, c’est Sansa. » Et comme là-dessus, elle repliait sa jambe droite et reprenait son entraînement, Ned, avec un soupir, la planta là. A Game of Thrones, Eddard V

vendredi 12 septembre 2025

Un air de déjà vu

Finalement, Baelish tira sur les rênes devant un bâtiment de trois étages, délabré, en bois, aux fenêtres tout illuminées, tandis que l’ombre s’épaississait. Des flonflons, des rires rauques s’en échappaient, qui semblaient stagner sur les eaux. Au montant de la porte pendait, au bout d’une grosse chaîne, une lampe à huile ouvragée et surmontée d’un globe de verre rouge à réseaux de plomb. Hors de lui, Ned mit pied à terre. « Un bordel ! » Empoignant Littlefinger à l’épaule, il le fit pivoter, lui jeta : « Tout ce trajet pour m’amener dans un bordel !
— Votre femme s’y trouve. »
C’en était trop. « Brandon a eu tort de vous épargner ! » s’écria Ned en le plaquant brutalement contre un mur, son poignard dardé vers la barbichette. « Non, monseigneur ! cria une voix suppliante, il dit vrai ! » Sans lâcher son arme, Ned se retourna vivement. Un vieillard à cheveux blancs dévalait le perron, vêtu de bure brune et fanons ballants. « Mêlez-vous de vos oignons ! lança-t-il, puis la stupeur fit retomber son bras. Ser Rodrik ? »
Celui-ci acquiesça d’un signe. « Lady Catelyn vous attend en haut.
— Parce qu’elle est vraiment ici ? » Il tombait des nues. « Ce n’est donc pas un méchant tour de Littlefinger ? » Il rengaina. A Game of Thrones, Eddard IV

vendredi 13 juin 2025

Une innocente

Robert s’apprêtait à se retirer quand, ne se tenant pas pour battue, la reine le rappela : « Et le loup-garou, rien ? Il a tout de même estropié ton fils... »
Il s’immobilisa, se retourna, les sourcils froncés. « Maudit animal, j’avais oublié. » Ned vit Arya se raidir dans les bras de Jory. Celui-ci répondit vivement : « Nous n’avons pas retrouvé trace de lui, Sire. — Ah bon ? marmonna le roi, sans manifester le moindre déplaisir. Tant pis. » Mais la reine éleva la voix : « Cent dragons d’or à qui m’apportera sa peau ! — Cela fait cher du poil, maugréa Robert. Je refuse de participer, femme. Tes fourrures, tu peux diablement les payer en or Lannister. » Elle répondit d’un air froid : « Ta pingrerie m’étonne un peu. Le roi que j’ai cru épouser se serait fait un devoir de déposer avant le crépuscule une peau de loup sur mon lit. » La colère assombrit Robert. « La bonne blague que cela ferait, sans loup ! — Nous en avons un », riposta-t-elle d’une voix paisible, mais avec une lueur de triomphe dans ses yeux verts. Personne d’abord ne comprit l’insinuation, puis le sens émergea, peu à peu, crûment, et Robert finit par hausser les épaules d’un air agacé : « Comme il te plaira. Donne tes ordres à ser Ilyn. — Tu n’y penses pas, Robert ! » protesta Ned. Mais le roi n’était pas d’humeur à discuter encore. « Suffit, Ned, pas un mot de plus. Les loups-garous sont des bêtes fauves. Tôt ou tard, celui-ci s’en prendrait à ta fille comme l’autre a fait à mon fils. Offre-lui un chien, elle en sera beaucoup plus heureuse. »
A ces mots, Sansa parut enfin comprendre, et ses yeux agrandis d’horreur consultèrent son père. « Ce n’est pas de Lady qu’il s’agit n’est-ce pas ? » Il ne répondit pas, mais sa physionomie était éloquente. « Non, dit-elle, non, pas Lady. Lady n’a mordu personne, elle est gentille... — Lady n’était pas là, cria Arya, furieuse, fichez-lui la paix ! — Empêchez-les, bredouilla Sansa, empêchez-les de faire ça, s’il vous plaît, s’il vous plaît ! Ce n’était pas Lady, c’était Nymeria, Arya seule..., vous ne pouvez pas, ce n’était pas Lady, ne les laissez pas faire du mal à Lady, elle sera toujours gentille, je vous le promets, je vous le... » Et elle se mit à pleurer. Réduit à la prendre dans ses bras et à l’y serrer pendant qu’elle sanglotait, Ned s’en remit du regard à Robert, son vieil ami, son plus que frère. « Je t’en prie, Robert, au nom de l’affection que tu me portes. Au nom de l’amour que tu éprouvais pour ma sœur. Je t’en prie. » Le roi les considéra longuement puis, se tournant vers sa femme : « Le diable t’emporte, Cersei ! » dit-il avec dégoût. Alors, Ned, repoussant doucement Sansa, se redressa, malgré la fatigue des quatre derniers jours qui, tout d’un coup, l’accablait. « Alors, faisle de tes propres mains, Robert, articula-t-il d’une voix froide et tranchante comme l’acier. Aie au moins le courage de le faire de tes propres mains. »
Robert le regarda d’un regard vide et mort puis, sans un mot, quitta la salle à pas de plomb, tandis que le silence retombait. « Où se trouve le loup ? » demanda Cersei sitôt qu’il eut disparu. A ses côtés, le prince Joffrey souriait. « Enchaîné devant la conciergerie, Votre Grâce, répondit à contrecœur ser Barristan Selmy. — Envoyez quérir Ilyn Payne. — Non, dit Ned. Jory, raccompagne mes filles à leurs appartements et rapporte-moi Glace. » Chaque syllabe avait un goût de bile, mais il se forçait à la prononcer. « S’il faut vraiment le faire, je m’en chargerai. » Cersei Lannister le scruta, soupçonneuse. « Vous, Stark ? Est-ce un stratagème ? Comment feriez-vous pareille besogne ? » L’attention de tous se reporta sur lui, mais celle de Sansa le touchait à vif. « La bête vient du nord. Elle mérite mieux qu’un maquignon. » Il sortit là-dessus, l’œil en feu, l’oreille encore pleine des gémissements de sa fille, et se rendit auprès de la petite louve. Un moment, il s’assit à ses côtés. « Lady », dit-il, tout à la saveur du nom. Il ne s’était guère soucié jusque-là des noms qu’avaient dénichés ses enfants mais, à l’aspect de la bête, maintenant, il trouvait pertinent le choix de Sansa. Lady était la plus menue de la portée, la plus jolie, la plus gracieuse et la plus docile. Son regard avait le chatoiement de l’or, pendant que Ned plongeait les doigts dans sa fourrure grise. Peu après, Jory reparut, Glace aux mains. La corvée terminée, Ned ordonna : « Choisis-moi quatre hommes pour la remporter dans le nord. Et qu’on l’enterre à Winterfell. — Si loin ? s’étonna Jory. — Si loin, confirma-t-il. La Lannister n’aura jamais cette peau. » A Game of Thrones, Edwards III

vendredi 8 décembre 2023

Un deuil trop lourd à porter


→→Parmi la houle des prairies qui cernaient les songes de Catelyn, Bran gambadait comme auparavant ; Arya et Sansa se tenaient par la main ; Rickon n'était encore qu'un nourrisson ; Robb, nu-tête, s'amusait avec une épée de bois. Et, quand il se furent tous assoupis, paisibles, à son côté reposait Ned, un sourire aux lèvres.
→→Douceur des songes, douceur, hélas, trop vite enfuie, cruauté de l'aube qui, tel un poignard lumineux, l'éveilla douloureuse et solitaire et lasse ; lasse de chevauchées, lasse de souffrances et lasse de ses devoirs. J'aimerais tant pleurer, songea-t-elle. J'aimerais tant qu'on me réconforte. Je suis tellement éreintée d'être forte. J'aimerais tant, pour une fois, me montrer frivole et froussarde. Pas longtemps, juste un brin... un jour... une heure...
→→On s'affairait, autour de sa tente. Les chevaux piaffaient, Shadd se plaignait de courbatures, ser Wendel réclamait son arc. Elle les aurait volontiers envoyés au diable, eux et les autres. De braves types, certes, et loyaux, tous, mais elle avait autant de satiété de leur compagnie que faim de celle de ses enfants. Un jour, se promit-elle, un jour, elle s'accorderait ce luxe inouï : la faiblesse.
 A Clash of Kings, Catelyn II

jeudi 9 février 2023

Une tradition plus ancienne


→→Il était si bien perdu dans ses pensées qu'il n'entendit pas la troupe s'approcher, ne reprit conscience qu'en voyant son père se porter à sa hauteur pour lui demander : "Ça va ?” d'un ton dépourvu d'aménité.
→→“Oui, Père.” Vu d'en bas, drapé dans ses fourrures et sanglé de cuir sur son immense destrier, celui-ci semblait se perdre dans les nues. “Robb prétend que l'homme est mort en brave, et Jon qu'il était terrifié.
→→- Et toi, qu'en penses-tu ?
→→- Est-ce qu'un homme peut être brave, demanda-t-il après réflexion, s'il a peur ?
→→- L'heure de la mort est la seule où l'on puisse se montrer brave. Tu comprends pourquoi je l'ai exécuté ?
→→- C'était un sauvageon. Et les sauvageons enlèvent les femmes pour les vendre aux Autres.
→→- Ah, sourit lord Stark. Vieille Nan t'a encore conté de ses histoires ! A la vérité, cet homme était un parjure. Un déserteur de la Garde de Nuit. Rien de si dangereux qu'un déserteur. Se sachant perdu, en cas de capture, il ne recule devant aucun crime, aucune vilenie. Mais ne t'y méprends pas, la question est non de savoir pourquoi il fallait qu'il meure mais pourquoi je devais le tuer.”
→→Faute de réponse à cet égard, Bran finit par bredouiller : “Le roi Robert a pourtant un bourreau...
→→- Certes. Au même titre que ses prédécesseurs, les rois Targaryen. Mais nous suivons, nous, une tradition plus ancienne. Dans nos veines coule toujours le sang des Premiers Hommes, et nous croyons fermement que celui qui prononce une sentence doit en personne l'exécuter. Si tu t'arroges la vie d'un homme, tu lui dois de le regarder dans les yeux et d'écouter ses derniers mots. Si cela t'est insupportable, alors peut-être ne mérite-t-il pas de mourir...
→→“Un jour, Bran, tu seras le porte-bannière de Robb, tu tiendras ta propre place forte au nom de ton frère et au nom du roi, et la justice t'incombera. Ce jour-là, garde-toi de prendre le moindre plaisir à l'accomplissement de ton devoir, garde-toi tout autant d'en détourner les yeux. Il ne tarde guère à oublier ce qu'est la mort, le chef qui se cache derrière des exécuteurs mercenaires.”
 A Game of Thrones, Bran I

lundi 18 octobre 2021

Mort de traître

 

→→“Ma mère m'enjoint de laisser lord Eddard prendre le noir, et lady Sansa m'a supplié d'épargner son père.” Sur ces mots, il regarda Sansa droit dans les yeux, et sourit, si bien qu'Arya crut une seconde sa prière exaucée, mais déjà il se retournait vers le peuple et déclarait : “Le cœur des femmes a de ces faiblesses..., mais aussi longtemps que je serai, moi, votre roi, la félonie ne demeurera pas impunie. Sa tête, ser Ilyn !”
→→La foule poussa un rugissement, et sa houle batti si rudement le piédestal de Baelor qu'Arya sentit la statue tituber, pendant que le Grand Septon se pendant aux basques du roi, que Varys se précipitait en se tordant les bras, que la reine elle-même tentait apparemment de raisonner son fils, mais Joffrey leur opposait à tous le même branlement de tête négatif. Et dès que parut, décharnée, dégingandée tel un squelette sanglé de maille, la justice du roi, seigneurs et chevaliers s'écartèrent comme par enchantement. Loin, très loin, du fin fond de quelque cauchemar, Arya entendit sa sœur crier d'une voix stridente puis la vit à genoux, convulsée de sanglots.
→→Ser Ilyn tira une longue épée de son fourreau d'épaule et, lorsqu'il la brandit au-dessus de sa tête, le soleil fit danser sur le métal sombre au fil plus aigu qu'aucun rasoir des risées si étincelantes que Glace ! frémit Arya, c'est Glace qu'il a ! et, le long de ses joues, ruisselèrent des larmes qui achevèrent de l'aveugler.
 A Game of Thrones, Arya V

samedi 25 septembre 2021

Un complot bâclé

 

→→“Votre fils n'a aucun droit au trône qu'il occupe. Le seul héritier légitime de Robert est lord Stannis.
→→ - Menteur ! glapit Joffrey, pourpre de fureur.
→→ - Vous vous condamnez vous-même par de tels propos, lord Stark, décreta Cersei. Saisissez-vous de ce félon, ser Barristan.
→→Le Grand Maître de la Garde hésita. En un clin d'œil, les Stark le cernèrent acier nu dans leur gantelets de maille.
→→“Après les mots, les actes, reprit Cersei, félonie caractérisée. Vous figureriez-vous, messire, que ser Barristan soit l'unique obstacle ?” Un crissement métallique des plus alarmant appuya ses dires : le Limier venait de dégainer. Les cinq chevaliers de la Garde et les vingt Lannister se groupèrent à ses côtés.
→→“Tuez-le ! vociféra le roitelet du haut de son trône. Tuez-les tous ! Je vous l'ordonne !
→→ - Je ne veux pas de sang versé, repartit Ned à l'adresse de Cersei, dites à vos gens de déposer leurs armes, et personne...”
→→D'une brusque poussée, le manteau d'or le plus proche venait d'enfoncer sa lance dans le dos de Tomard. Ned hurla, mais trop tard. Janos Slynt en personne avait déjà tranché la gorge de Varly. Cayn pirouetta dans un éclair d'acier, débanda sous une volée de coups son adversaire immédiat, parut, une seconde, sur le point de se frayer passage..., et le Limier se jeta sur lui.
→→Tandis qu'on massacrait les Stark, tout autour, Littlefinger préleva délicatement dans son fourreau le poignard de Ned et l'en piqua sous le menton. “Ce n'est pourtant pas faute de vous avoir prévenu.., sourit-il, et d'un sourire merveilleusement contrit, qu'il ne fallait pas vous fier à moi.”
 A Game of Thrones, Eddard XIV

lundi 6 septembre 2021

Une règle essentielle

 

→→“Vos père et frères auront tout intérêt à vous accompagner. Tout l'or de lord Tywin ne sera pas de trop pour vous assurer une existence confortable - et louer des épées, sans quoi point de sécurité. Car, n'en doutez pas, la fureur de Robert vous traquera sans relâche, en quelque lieu que vous cherchiez refuge, et jusque dans l'au-delà, s'il le faut.”
→→La reine se leva. “Et de ma propre fureur, lord Stark, demanda-t-elle d'un ton doux, pas un mot ? Que ne vous êtes-vous emparé jadis de la couronne ? elle était à prendre... Jaime m'a conté comment, l'ayant trouvé juché sur le Trône de Fer, le jour de la prise de Port-Réal, vous l'aviez contraint d'en descendre. Il vous suffisait de gravir les marches et de vous asseoir. Quelle erreur navrante.
→→ - Vous ne sauriez vous figurer combien d'erreurs j'ai pu commettre, répliqua-t-il, mais je récuse celle-ci.
→→ - Et pourtant, c'était une erreur, messire, insista Cersei. Lorsqu'on s'amuse au jeu des trônes, il faut vaincre ou périr, il n'y a pas de moyen terme.”
 A Game of Thrones, Eddard XII

jeudi 13 mai 2021

La Tour de la Joie

 

→→“Ser Willem Darry s'est enfui à Peyredragon, avec votre reine et le prince Viserys. Je m'attendais à ce que vous eussiez fait voile de conserve.
→→ - Nous respectons la bravoure et la loyauté de ser Willem, disait ser Oswell.
→→ - Mais il n'appartient pas à la Garde, précisait ser Gerold. La Garde ne s'enfuit pas.”
→→Alors, les six spectres se portaient aux côtés de Ned, spectres d'épées au poing. Et cela faisait sept contre trois.
→→“C'est maintenant que tout commence,” disait ser Arthur Dayne l'épée du Matin. Il dégainait Aube et la saisissait à deux mains. Elle avait une pâleur laiteuse, et la lumière l'animait des palpitations de la vie.
→→“Non, rectifiait Ned d'une voix quelque peu navrée, c'est maintenant que tout s'achève.” Et comme s'ensuivait une mêlée furieuse de brume et d'acier, soudain retentissait la voix éplorée de Lyanna. “Eddard !” criait-elle. Une rafale de pétales roses traversait un ciel sillonné de sang et bleu du bleu des yeux de la mort.
 A Game of Thrones, Eddard X

lundi 11 novembre 2019

“She had lived too long, and Ned was waiting. The white tears and the red ones ran together until her face was torn and tattered, the face that Ned had loved. No, don't, don't cut my hair, Ned loves my hair.”

 









→→“Parmi la houle des prairies qui cernaient les songes de Catelyn, Bran gambadait comme auparavant ; Arya et Sansa se tenaient par la main ; Rickon n'était encore qu'un nourrisson ; Robb, nu-tête, s'amusait avec une épée de bois. Et, quand ils se furent tous assoupis, paisibles, à son côté reposait Ned, un sourire aux lèvres.
→→Douceur des songes, douceur, hélas, trop vite enfuie, cruauté de l'aube qui, tel un poignard lumineux, l'éveilla douloureuse et solitaire et lasse ; lasse de chevauchées, lasse de souffrances et lasse de ses devoirs J'aimerais tant pleurer, songea-t-elle J'aimerais tant qu'on me réconforte. Je suis tellement éreintée d'être forte. J'aimerais tant, pour une fois, me montrer frivole et froussarde. Pas longtemps, juste un brin... un jour... une heure...
” A Clash of Kings, Catelyn II

→→“J'ai parcouru des milliers et des milliers de lieues, et pour quel résultat ? Qui ai-je servi ? J'ai perdu mes filles, Robb ne veut pas de moi, Bran et Rickon doivent me prendre pour une mère sans cœur et dénaturée, je n'étais même pas à son côté lorsque Ned est mort...
→→La tête lui tournait, le septuaire valsait autour d'elle. Les ombres dérivaient, tanguaient, des bêtes furtives galopaient sur la blancheur craquelée des murs. Pas mangé de la journée, voilà. Ce n'était pas très raisonnable. Elle tenta de se persuader que le temps lui avait manqué, mais la vérité, c'est que, dans un monde sans Ned, les mets n'avaient plus aucune saveur. Quand ils lui ont tranché la tête, ils m'ont tuée aussi.
” A Clash of Kings, Catelyn IV

→→“Elle se souvint du désappointement puéril qu'elle avait éprouvé, la première fois que ses yeux s'étaient posés sur Eddard Stark. Pour s'être imaginé qu'il serait la réplique, en plus jeune, de Brandon, et parce que la réalité démentait. Moins grand que son frère, Ned était plus quelconque de traits, et tellement, tellement sombre... ! Il se montrait plutôt courtois, mais elle percevait derrière les formules une froideur inconcevable chez Brandon, aussi prompt aux fous rires qu'aux rages folles. Et lors même qu'il la déflorait, ce qui prévalut dans l'étreinte fut le devoir plus que la passion. Nous fîmes Robb cette nuit-là, quand même ; ensemble, nous fîmes un roi. Et, à Winterfell, la guerre achevée, j'en vins à éprouver autant d'amour qu'aucune femme au monde, quand j'eus découvert quel noble et tendre cœur dissimulait le masque solennel de Ned.” A Storm of Swords, Catelyn V

dimanche 28 juillet 2019

Les meilleurs et pires pères de Westeros

 Pour cette fête des pères, on va parler des papas de Westeros ! Plus particulièrement, des meilleurs et des pires !

 

→→• Il n'y a qu'un seul père de la série que je qualifierais de meilleur (je ne compte pas Davos, car on ne l'a pas vraiment vu avec son fils pour avoir un vrai avis). Sam a adopté petit Sam, et il l'aime comme si c'était son propre fils. De ce qu'on a vu, il est attentionné et dévoué envers le petit garçon, mais rien de bien étonnant, Sam étant sûrement la personne la plus gentille de Westeros. Il a d'ailleurs un deuxième bébé en route pendant la saison 8, et pas de doute que ce petit aura autant d'amour et d'attention que son grand frère !


→→• Je sais que vous êtes nombreux à adorer Ned. Oui, c'est chouette qu'il accepte Arya telle qu'elle est, qu'il la laisse être elle même, et l'aide même en lui trouvant un professeur. C'est beau qu'il ait protégé le fils de sa sœur en prenant de grands risques si la vérité éclatait. Mais peut-on parler pendant une minute de la façon dont il a négligé Sansa ? D'abord, il tue son animal de compagnie. Ensuite, Ned la fiance à un psychopathe. Après, au lieu de s'excuser d'avoir tué sa pauvre louve qui n'avait rien demandé à personne, il essaye d'acheter son amour en lui offrant une poupée. Ouais c'est mignon, mais le truc c'est que ça fait plusieurs années déjà que Sansa joue plus avec ce genre de trucs. Ned, c'est quand la dernière fois que tu t'es intéressé à ta fille ???? Et aussi, pourquoi il a pas eu le même genre de discussion avec Sansa, que celle qu'il a eu avec Arya ? Où il la prévient qu'il faut faire gaffe aux Lannister et tout ? Et puis, quel genre de père emmène son gamin de 9 ans voir une exécution ??? Et aussi, dans les livres, il dit qu'il faut que Rickon qui a au début peur des loups, doit grandir un peu. Sachant que la gamin a à ce moment-là 3 ans. Alors, Ned aime ses enfants et ses enfants l'aiment, il est pas aussi terrible que les personnes qui vont suivre, mais il a tout de même commis beaucoup d'erreurs envers ses enfants en faisant clairement du favoritisme envers certains d'entre eux.


→→• Rhaegar Targaryen était tellement obsédé par les prophéties du dragon à trois têtes et du prince qui a été promis que d'abord, alors que sa femme se remettait à peine d'un accouchement difficile, il s'est empressé de la remettre en cloque PENDANT QU'ELLE TAIT TOUJOURS ALLITEE DU PREMIER - et un p'tit viol conjugal... - parce qu'il a vu passer la comète ce soir là et qu'il fallait absolument que bébé n°2 soit conçu à ce moment précis, lui faisant courir des risques énormes pour sa santé, puisque cette deuxième grossesse et ce deuxième accouchement ont faillit la tuer, et que dès qu'on a déclaré qu'une troisième grossesse la tuerait et qu'il ne fallait plus qu'elle ait d'autres enfants, cet enc*lé s'est enfuit avec une adolescente qu'il a mise en cloque et enfermé dans une tour sans même un mestre. A cause de lui Jon a jamais eu de mère. Elia et ses enfants sont restés otages à Port-Réal et ont été assassinés, alors qu'avec le bordel qu'il se doutait qu'il allait déclencher, il aurait pu les faire s'enfuir. C'est pour ça que je roule des yeux quand je vois le nombre de gens qui parlent de Rhaegar/Lyanna comme d'une histoire d'amour épique sans voir le gros problème d'un gars de 25 ans qui jette son dévolu sur une gamine de 14 ans (mais bon, pourquoi ça m'étonne, ce fandom kiffe les relations toxiques du genre Jon/Daenerys, Tyrion/Sansa, Sandor/Sansa...). Va te faire foutre Rhaegar, j'espère qu'Oberyn, Ned et Brandon te pourchassent en enfer pour ce que t'as fait à leurs sœurs (oui je déteste les Targaryen mais Rhaegar c'est celui que je hais le plus).


→→• Robert Baratheon est un père inexistant pour Joffrey, Myrcella, Tommen, et les nombreux bâtards qu'il a semé aux quatre coins du continent. Et quand c'est pas sur Cersei qu'il cogne, c'est sur ses mômes. Dans son malheur, Lyanna a eu de la chance de pas l'épouser...


→→• Randyll Tarly a terrorisé et rejeté le pauvre Sam toute son enfance et adolescence, juste parce qu'il préférait les livres et les chansons aux armes et à la chasse. Il l'a déshérité pour ce même motif, et menacé de le tuer s'il ne partait pas en exil à l'autre bout du continent. Dans notre monde moderne, Sam aurait bien eu besoin d'une thérapie pour se remettre de ce que son père lui a infligé.


→→• J'ai pas besoin de développer pour Stannis Baratheon, tout le monde tombera d'accord pour dire que les pères qui font brûler leurs enfants vivants sont forcément de mauvais pères, hein ?

jeudi 14 mars 2019

Sean Bean revient sur l'héritage de Ned Stark

 

→→Il était un homme bien ; le premier homme bien. Et bien que presque huit ans se soient écoulés depuis sa mort dans Game of Thrones, son esprit vit. Tel est l'héritage du Lord Eddard Stark de Winterfell incarné par Sean Bean.

→→Comme ils disent dans le Nord, “Quand la neige tombe et que la bise blanche souffle, le loup solitaire meurt, mais la meute survit.” Ned au grand cœur était le loup solitaire, exécuté trop tôt dans le jeu des trônes par le boucher du Roi Joffrey. (Un choc tout du moins pour ceux n'ayant pas lu les livres de George R.R. Martin.) Cela se déroulait pendant l'avant-dernière heure de la saison 1. Mais les derniers membres de sa meute — Sansa (Sophie Turner), Arya (Maisie Williams), Bran (Isaac Hempstead Wright), et Jon Snow (Kit Harington) — s'assurent de faire vivre sa mémoire, alors même qu'ils se préparent pour la conclusion massive de la saison 8 de HBO.

→→Bean, 59 ans, a été l'un des premiers acteurs à rejoindre le casting de Game of Thrones, avec Peter Dinklage (Tyrion Lannister) ; il était même présent dans le pilote jamais diffusé, tourné (et plus tard retravaillé) avant que la série ne soit officiellement choisie. Alors qu'approche le tant attendu hiver à Westeros, l'acteur revient sur ses jours dans la peau de Ned, l'impact durable du personnage, et ce secret crucial sur l'origine de son supposé fils illégitime.

→→A propos de ce secret que Ned a emporté dans la tombe, est-ce qu'un des membres de la série vous a téléphoné pour vous révéler la vérité sur les parents de Jon ? Non. Comme toute chose dans Game of Thrones, c'était gardé dans le noir et le secret. Je pense que c'est ce qui fait la gloire et la magie de Game of Thrones, et pourquoi c'est tellement incroyable quand ces secrets sont révélés.

→→Est-ce que [les showrunners] Dan [Weiss] ou David [Benioff] ont laissé entendre ce qu'il arriverait au personnage avant le tournage ? Ouais, on s'était rencontré pour un déjeuner à Soho, il y a six ou sept ans, avant de tourner le pilot. On a eu une discussion très sympa, et j'étais vraiment excité qu'on me demande de jouer ce rôle. Je crois qu'à l'époque il n'y avait que moi et Peter qui avaient été engagés. J'étais enchanté par toute l'idée. Je ne savais pas à l'époque que cette série deviendrait aussi énorme. Je me préparais juste à jouer ce rôle, comme les autres. Aucun d'entre nous n'avait imaginé que ce drame prendrait de telles proportions. Ouais, c'était le début de l'histoire pour moi. Et bien sûr, je savais que ça ne durerait pas. Je l'avais accepté.


→→Pendant cette rencontre, aviez-vous pu avoir quelques indices sur ce gros secret concernant Jon Snow ? Pas vraiment. Ils avaient dit que certaines choses s'étaient produites, et qu'il y avait des rebondissements et retournements de situation assez dramatiques. Ils m'avaient dit ce qu'ils seraient dans la saison 1. C'était suffisant pour suivre ces arcs intriguant et complexes, toutes ces familles et univers différents. Toute information supplémentaires auraient rendu le reste confus. Comme vous l'avez vu, la mort et son développement, vous ne pouvez encaisser qu'un truc à la fois. Ils ne révèlent que ce qu'ils veulent que vous sachiez, et c'est bien d'après moi. C'est ce qui rend les révélations si géniales.

→→D'après vous, pourquoi Ned a-t-il eu un tel impact chez les gens ? Il est très honorable et honnête, intègre, et il fait le sale boulot, comme dans le premier épisode quand il décapite ce gars. Mais c'est aussi un homme aux idées claires, qui reste fidèle à ses principes coûte que coûte, peu importe contre qui il est opposé. Lorsqu'il s'est rendu à Port-Réal et s'est retrouvé jeté dans la fosse aux lions... il n'était pas habitué à cela, et sûrement pas à un tel niveau. Je pense que c'était assez tragique de le voir embarqué par ces personnes jusqu'à ce qu'il se retrouve en difficultés, et que ça soit trop tard. Tout du long, il arrive à garder son honneur et son intégrité, et je pense que c'est une chose qui a touché les spectateurs. C'est l'un des rares hommes bien. Il était le premier homme bien de GOT, et il l'est resté jusqu'à sa fin horrible. Ses fils et ses filles vivent par ses valeurs, et la série est enrichie grâce à ça, grâce à lui.

→→Il y avait le pilot qu'on a tous vu, et la version qui n'a jamais été diffusée. De quoi vous rappelez vous de cette première version ? Je pense qu'il y avait quelques bons moments. C'était assez expérimental. Je pense qu'ils essayaient de montrer ce qui pourrait être accomplis : l'émerveillement, l'échelle et complexité massive, toutes ces bandes guerroyant entre elles, la magie, la beauté, la traîtrise. Je pense qu'inclure tout ça dans un pilot peut avoir été difficile, et que l'histoire s'est un peu égarée. Mais vous aviez quand même une idée de ce que ça pouvait être. On suivait ce qu'il y avait écrit sur le papier, mais même s'ils n'ont pas utilisé le pilot dans son intégralité, ils ont utilisé certains moments, et je pense que le pilot a accompli son objectif. Comme je l'ai dit, ça vous montre ce qui pouvait être fait, et ce qui a été fait par la suite. C'était développé, c'est devenu de plus en plus gros, de plus en plus excitant, de plus en plus à couper le souffle. C'était juste une idée, je pense. C'est impossible de se faire une idée d'une saison complète dans un pilot. On était très contents de ce qu'on avait fait, on avait aimé être dedans, et on savait qu'il y avait quelque chose de spécial dans cette première étape.


→→Pouvez vous nous dire certaines différences entre la version originale et finale du pilot ? Je me rappelle d'une scène avec Bran dans l'arbre cœur et ses parents lui parlent de la vie. Il était très jeune à l'époque, quand Isaac l'incarnait. Il y a aussi quelques scènes sympas avec [Williams dans le rôle d'Arya]. J'appréciais ces scènes, parce qu'avec tous les horribles coups de poignard dans le dos, ces scènes ressortaient, et les gens pouvaient s'y identifier : un père et ses enfants. Je me rappelle aussi du banquet, qui était assez intéressant. On l'avait tourné en Ecosse, un banquet avec le Roi Robert. Toutes les familles ensemble, il y avait un vrai sentiment de cette tension horrible, qui représente ce qu'on a fait ensuite.

→→Que vous rappelez-vous du tournage de vos dernières scènes en tant que Ned ? Je suppose que c'était juste le jour où tout vire à la catastrophe, où il tombe dans ce nid de vipères et ne peut pas s'en sortir. Il tombait, essayait de garder ses valeurs, sa dignité. A ce moment, il n'avait aucun soutien, mais il s'accrochait à ça. Il restait pour Robert comme Main du Roi, et puis il était sur le trône lui même, et les choses n'ont fait qu'empirer. Je me souviens du tournage de cette journée. La mort, était géniale parce que personne ne s'y attendait. J'ai trouvé la façon dont elle était tournée fantastique. Mais ensuite j'ai du refaire des scènes se déroulant plus tôt dans ce même épisode, alors ce n'était pas la fin pour moi. On était à Malte, il faisait très chaud. C'était très coloré. Tout le monde était là, et avec ce genre de chose il y a une sorte d'humour noir. Ce qui passe est atroce, mais vous commencez à glousser et rire. Quand la tête tombait, il y avait des erreurs. Parfois ça ne marchait pas. C'était assez comique. Ça brisait la glace.

→→Source.

Sean Bean

 

__ • Biographie (d'après imdb et wikipédia) : Shaun 'Sean' Mark Bean est né le 17 avril 1959 à Sheffield, dans le Yorkshire du Sud en Angleterre, de Rita (née Tuckwood) et Brian K. Bean. Il a une sœur plus jeune, Lorraine. Dans son enfance, il se blesse à la jambe, l'empêchant de poursuivre son ambition de devenir footballeur professionnel. En 1975, il quitte la Brook Comprehensive School après avoir passé son brevet en anglais et en arts. Après de petits boulots, il commence à travailler à l'entreprise de son père, et suit des cours de soudage un jour par semaine au lycée de Rotherham. Il assiste par hasard à des cours d'arts à ce même lycée, où il finira par rejoindre un cursus d'art dramatique, lui permettant de décrocher une bourse pour l'Académie royale d'art dramatique (RADA), dont il sort diplômé en 1983.

 

__ Il démarre ensuite une carrière d'acteur au théâtre, dans des adaptations de "Fair Maid of the West" (1986) "Romeo and Juliet" (1987), "Deathwatch" (1985) et "Killing the Cat" (1990), avant de s'établir à la télévision, et au cinéma : en 35 ans de carrière, il a plus de 130 projets différents à son actif. On se souvient de lui sur le grand écran pour Le Seigneur des Anneaux (2001), Troie (2004), Silent Hill (2006) ou encore Black Death (2010), mais aussi dans plusieurs séries, comme Clarissa (1991), Lady Chatterley (1993), Scarlett (1994), Extremely Dangerous (1999), Crusoe (2008-2010), Game Of Thrones (2011)... Il a souvent tendance à incarner des personnages maussades, des personnages en apparence héroïques au début du film, qui finissent par devenir des antagonistes, et surtout, des personnages qui meurent de manière très violente : depuis le début de sa carrière, il a été tué plus de 20 fois à l'écran. Plus récemment, il a eu des rôles réguliers dans les séries World on Fire (2019), Time (2021), et Snowpiercer (depuis 2020).

 

__ Sean a été marié cinq fois et a divorcé quatre fois. Il a épousé sa petite-amie du lycée Debra James le 11 avril 1981, et le divorce a eu lieu en 1988. Il rencontre l'actrice Melanie Hill à la RADA, et ils se marient le 27 février 1990. Leur fille aînée, Lorna, naît en octobre 1987, et leur cadette, Molly, en septembre 1991. Ils divorcent en août 1997. Pendant le tournage de Sharpe, Sean rencontre l'actrice Abigail Cruttenden, et ils se marient le 22 novembre 1997. Ils ont une fille, Evie Natasha, née en novembre 1998, et ils divorcent en juillet 2000. Il débute une relation avec l'actrice Georgina Sutcliffe en 2006 ; après avoir annulé leur mariage la veille de la cérémonie en janvier 2008 pour des raisons non divulguées, ils finissent par se marier un mois plus tard. Après des accusations de violences conjugales en 2009, ils finissent par annoncer leur séparation en août 2010. Il épouse ensuite Ashley Moore le 30 juin 2017.


__ • Le personnage sur lequel est basé son rôle dans la série : Eddard 'Ned' Stark est le fils cadet de Lord Rickard Stark. Il a un frère aîné, Brandon, une sœur plus jeune, Lyanna, et un autre frère cadet, Benjen. En tant que second né, il est envoyé dans son enfance dans le Val comme pupille de Lord Jon Arryn, Seigneur des Eyriés. Il y rencontre Robert Baratheon, qui deviendra son meilleur ami. Lorsque son père et son frère meurent assassinés par le roi Aerys II, il se retrouve soudainement héritier de Winterfell et Gouverneur du Nord. Il épouse également à la place de Brandon la promise de ce dernier, Catelyn Tully, afin de garantir l'alliance entre le Nord et le Conflant pendant la Rébellion de Robert. Au terme de la guerre, il retrouve sa sœur Lyanna, et selon les dernières volontés de cette dernière, prend son sous aile son fils, qu'il fait passer pour son bâtard, et nomme Jon. Il l'élève à Winterfell aux côtés des enfants qu'il a eu avec Catelyn, Robb, Sansa, Arya, Bran et Rickon. Il rejoint de nouveau Robert lors de la Rébellion des Greyjoy, au terme de laquelle il prend comme pupille et otage le seul fils survivant (et héritier) de Balon Greyjoy, Theon. Il devient ensuite Main du Roi de Robert, et le rejoint dans la capitale avec ses deux filles. Il ne tarde pas à découvrir que les enfants de Robert sont en réalité des bâtards nés de l'inceste de la Reine Cersei et de son frère jumeau, Jaime Lannister. Ned tente alors de renverser Joffrey Baratheon pour placer Stannis, le frère cadet de Robert sur le trône, mais les Lannister le doublent et le font arrêter sur les fausses charges de haute trahison. Il est emprisonné, avant d'être exécuté.

 

__ • POVA Game Of Thrones

lundi 11 février 2019

A Game of Fashion : Men of Thrones (Saisons 1 à 4)


 Il y a un peu moins de choses à dire sur les costumes masculins... mais certains d'entre eux valent quand même le coup d'œil, hein ? Je me suis plutôt centrée sur les premières saisons, comme beaucoup des personnages apparaissant ci-dessous sont morts, ça aurait fait trop déséquilibrés avec ceux qui sont toujours là.
 

→→Oui, les Lannister c'est des pourris, mais s'il y a bien une chose qu'on ne peut pas leur reprocher, c'est bien leur style ! Tywin était bien souvent assez austère, mais quelle classe il avait papy Lannister. Joffrey avait beau être un petit merdeux, il savait s'habiller. Jaime porte surtout les tenues réglementaires de la garde royale, ne le liant pas vraiment aux couleurs de sa famille. Tyrion est sûrement celui à vouloir le plus se montrer digne de sa famille, la plupart de ses tenues font d'ailleurs beaucoup penser à son père, dont il recherche désespérément l'acceptation et l'approbation.


→→Pour nos Stark, pas d'ostentation : on mise sur la praticité des armures pour pouvoir se battre et monter à cheval, sur les fourrures et le cuir bouilli pour supporter les conditions météorologiques parfois extrêmes de leur pays d'origine... D'ailleurs, l'aviez-vous remarqué ? La plupart des nordiens se laissent pousser la barbe pour avoir un peu plus chaud au visage ...


→→Pour finir avec les messieurs, les autres costumes à m'avoir personnellement marquée sont ceux de Loras Tyrell et des jolis détails et broderies qu'on peut voir sur certaines tenues, d'Oberyn Martell et de ses flamboyantes tuniques, de Lord Varys et de ses tenues impeccables, ou encore de Renly Baratheon et de son armure tape-à-l'oeil... et oui même de Littlefinger.