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dimanche 6 septembre 2026

Un enfant caché

« La Main vint effectivement me rendre visite, en compagnie de lord Stannis, le frère du roi. Mais je suis au regret de confesser qu’ils ne m’honorèrent pas de leur clientèle. »
Ned posa sur lui un regard paisible et, sans mot dire, attendit. L’expérience le lui avait appris, le silence est parfois plus efficace que les questions. Et tel fut le cas.
« Comme ils voulaient voir le garçon, dit l’armurier, je les emmenai à la forge.
— Le garçon », fit Ned en écho. De qui pouvait-il bien s’agir ? « Moi aussi, j’aimerais le voir. »
Le maître aborda un grand diable, aux bras et à la poitrine musculeux, qui devait avoir à peu près l’âge de Robb. « Lord Stark, nouvelle Main du Roi », lui dit-il, tandis que le garçon, tout en repoussant en arrière ses mèches empoissées de sueur, examinait Ned sans aménité. Il avait les yeux bleus, les cheveux drus, broussailleux, crasseux et d’un noir d’encre. Une ombre de barbe lui charbonnait le menton. « Gendry, monseigneur. Très costaud, pour son âge, et il travaille dur. Montre à Son Excellence le heaume que tu as réalisé, mon garçon. » Comme à contrecœur, Gendry les conduisit à son banc et en
retira un heaume en forme de chef de taureau aux cornes incurvées. Ned tourna, retourna l’œuvre. L’acier, brut encore, en attendait le polissage mais, telle quelle, elle révélait un remarquable savoir-faire. « Du beau travail. Je serais heureux que tu consentes à me le céder. »
Gendry le lui arracha des mains. « Il n’est pas à vendre. »
Scandalisé, Tobho Mott le rabroua : « Enfin, mon garçon ! oublies-tu que tu parles à la Main du Roi ? Si Son Excellence désire ce heaume, fais-lui en présent. Elle t’honore en le demandant.
— Je l’ai forgé pour moi, s’entêta Gendry.
— Veuillez l’excuser, monseigneur, reprit précipitamment son maître. Il est aussi brut que de l’acier neuf et, comme l’acier neuf, il suffira de le battre un peu pour l’améliorer. Quant à ce heaume, il est tout au plus l’œuvre d’un manouvrier. Pardonnez-lui, et je vous promets de vous ciseler un heaume tel que vous n’en aurez jamais vu.
— Mais je n’ai rien à lui pardonner, dit Ned. Dis-moi, Gendry, lorsque lord Arryn est venu te voir, de quoi avez-vous parlé ?
— Il m’a seulement posé des questions, m’seigneur.
— Quel genre de questions ? »
Le garçon haussa les épaules. « Ben..., comment j’allais, est-ce que j’étais bien traité, si j’aimais mon travail, et des tas de trucs sur ma mère. Qui elle était, à quoi elle ressemblait, et tout et tout.
— Que lui as-tu répondu ? »
Il rejeta de son front la mèche noire qui venait de le lui barrer. « Elle est morte quand j’étais petit. Elle avait des cheveux jaunes et, quelquefois, elle chantait pour moi, je me souviens. Elle travaillait comme serveuse dans une brasserie.
— Et lord Stannis ? il t’a interrogé aussi ?
— Le chauve ? Non, pas lui. Il a pas dit un mot. Juste y me regardait d’un air furieux, comme si j’y avais violé sa fille.
— Veux-tu bien surveiller ta langue, s’indigna son maître, quand tu t’adresses à la Main du Roi en personne ! » Le garçon baissa le nez, penaud. « Brave garçon, mais d’un têtu ! Ce heaume, tenez..., c’est parce que les autres l’appellent tête de taureau. Il le leur a lancé dans les gencives. »
Ned toucha la tête incriminée, plongea les doigts dans sa toison noire. « Regarde-moi, Gendry. » L’apprenti releva les yeux. Ned, alors, étudia la forme de la mâchoire, le regard bleu de glace. Oui, pensa-t-il,vu. « Retourne à ton travail, mon garçon. Désolé de t’avoir dérangé. »
Ned hocha la tête. Décidément, ce Tobho Mott, maître armurier, lui plaisait. « S’il advenait jamais que Gendry préfère manier l’épée plutôt que d’en forger, veuillez me l’envoyer. Il a l’allure d’un guerrier. D’ici là, soyez assuré, maître Mott, de ma gratitude et de ma parole. S’il me prend fantaisie d’un heaume à effarer les enfants, ma première visite sera pour vous. »
Comme il sautait en selle, Jacks lui demanda : « Vous avez trouvé quelque chose, monseigneur ?
— Oui », répondit-il, perplexe. Que diable lord Arryn comptait-il faire d’un bâtard de roi, et pourquoi cela lui avait-il coûté la vie ? A Game of Thrones, Eddard VI

mardi 11 août 2026

Heleana 💔

Le jour même, peu après le coucher du soleil, une autre horreur visita la cour de la reine. Heleana Targaryen, soeur, épouse et reine d'Aegon II et mère de ses enfants, se jeta de sa fenêtre de la Citadelle de Maegor pour mourir empalée sur les piques de fer qui bordaient la douve sèche au-dessous. Elle n'avait que vingt et un an. 
Le Grand Mestre Munkun pense que ce fut l'horreur de voir périr ser Thoron et ser Denys qui la poussa à cet acte, mais si la jeune reine connaissait les deux hommes ce n'avait pu être que comme gôliers, et rien n'établit qu'elle ait été témoin de leur pendaison. Septon Eustace suggère que lady Mysaria, le Ver Blanc, choisit cette nuit pour révéler à la reine Heleana le trépas de son fils Maelor et l'horrible façon dont il avait péri, bien que les motifs qu'elle aurait eus pour agir ainsi, au-delà d'une simple malveillance, soient difficiles à cerner. Fire & Blood, la mort des dragons - la chute de Rhaenyra

vendredi 7 août 2026

La première bataille de Chutebourg

Les comment, quand et pourquoi de ce qu'on connaît sous le nom des trahisons de Chutebourg restent un sujet fort dispuré, et sans doute la vérité de tout ce qui s'est passé ne sera-t-elle jamais connue. Il apparaît de façon sûre que certains de ceux qui avaient déferlé dans la ville, fuyant l'armée de lord Hightower, en faisaient en réalité partie, envoyés en avant-garde pour infiltrer les rangs des défenseurs. Au-delà de toute question, deux des hommes de la Néra qui s'étaient joint aux seigneurs du Conflans dans leur marche vers le sud étaient en secret des partisans du roi Aegon II. Cependant leur trahison aurait compté pour peu de chose si ser Ulf Blanc et ser Hugh Marteau n'avaient également choisi ce moment pour changer d'allégeance.

Nul doute qu'il espéraient que le roi Aegon II saurait mieux leur prouver sa reconnaissance, s'ils devaient l'aider à lui rendre le Trône de Fer. Il se pourrait même qu'on leur ait fait des promesses en ce sens, éventuellement par le truchement de lord Larys le Pied-Bot ou d'un de ses agents, bien qu'il n'existe aucune preuve de cela et qu'aucune ne puisse en être apportée. Comme aucun des deux hommes ne savait lire ni écrire, nous ne saurons jamais ce qui a poussé les Deux Traîtres (ainsi que l'histoire les a baptisés) à agir comme ils l'ont fait. 

Sur la bataille de Chutebourg, nous en savons en revanche tant et plus. Six mille des hommes de la reine se disposèrent pour raffronter lord Hightower sur le champ de bataille, sous les ordres de ser Garibald Gris. Ils combattirent un temps avec bravoure, mais une grêle dévastatrice de flèches des archers de lord Ormund clairsema leurs rangs et une tonitruante charge de cavalerie lourde les brisa, poussant les survivants à refluer en courant vers les remparts de la ville. Là se tenaient Robb le Rouge et ses archers, couvrant leur retraite avec leurs arcs droits.

Lorsque la plupart des survivants furent en sécurité derrière les portes, Roddy la Ruine et ses Loups de l'Hiver firent une sortie par une poterne, poussant leurs terrifiants cris de guerre nordiens en déferlant selon un mouvement tournant sur le flanc gauche des assaillants. Dans le chaos qui s'ensuivit, les Nordiens se taillèrent un chemin à travers dix fois leur nombre jusqu'à l'endroit où lord Ormund Hightower siégeait sur son destrier, sous le dragon d'or du roi Aegon et les bannières de Villevieille et des Hightower.

Comme les rhapsodes le content, lord Roderick était couvert de sang de la tête aux pieds en arrivant, bouclier brisé et heaume fendu, et cependant si ivre de combat qu'il ne semblait même pas sentir ses blessures. Ser Bryndon Hightower, le cousin de ser Ormund, s'interposa entre les Nordiens et son seigneur lige, sectionnant à l'épaule le bras de bouclier de la Ruine d'un terrible coup de sa hache longue... Pourtant le sauvage sire de Tertre-bourg continua à se battre, tuant ser Brydon puis ser lord Ormund, avant d'expirer. Les bannières de lord Hightower churent et les gens de la ville poussèrent un immense vivat, pensant que le courant de la bataille avait tourné. Même l'apparition de Tessarion à l'autre bout du champ de bataille ne les troubla pas, car ils savaient qu'ils possédaient dans leur camp deux dragons... mais quand Vermithor et Aile d'Argent s'élevèrent dans le ciel pour déverser leurs flammes sur Chutebourg, ces acclamations se changèrent en hurlements.

Ce fut le Champ de Feu à moindre échelle, écrivit le Grand Mestre Munkun.
Chutebourg s'embrasa ; boutiques, demeures, septuaires, population, tout. Des hommes s'écroulèrent en flammes aux portes et aux remparts, ou titubèrent en hurlant à travers les rues comme autant de torches. A l'extérieur de l'enceinte, le prince Daeron descendit sur Tessarion. Pat de Longuefeuille fut désarçonné et piétiné, ser Garibald Gris transpercé par un carreau d'arbalète puis englouti dans le feu-dragon. Les Deux Traîtres frappèrent la ville avec des fouets de flammes d'un bout à l'autre.

Le sac qui suivit fut un des plus sauvages de l'histoire de Westeros. Chutebourg, cette prospère ville de marchés, fut réduite en cendres et en braises. Les gens brûlèrent par milliers et il s'en noya autant qui tentèrent de traverser le fleuve à la nage. Certains dirent plus tard que ce furent les plus chanceux, car nulle pitié ne fut montrée aux survivants. Les hommes de lord Piète jetèrent leurs épées et se rendirent, pour se retrouver entravés et décapités. Les villageoises qui survécurent aux incendies furent violées à maintes reprises, même des fillettes de huit ou dix ans. Vieillards et jeunes garçons furent passés au fil de l'épée, tandis que les dragons se repaissaient des carcasses fumantes et tordues de leurs victimes. Chutebourg ne s'en remettrait jamais ; bien que des Piète ultérieurs aient tenté de rebâtir sur les ruines, leur « ville neuve » n'atteindrait jamais le dixième de la taille de l'ancienne, car les gens du peuple répétaient que le sol même était hanté. Fire & Blood, la mort des dragons : le triomphe de Rhaenyra

lundi 3 août 2026

Invincible Feux-du-Soleyl

Les tueurs de dragon putatifs dispersèrent aisément le cordon de gardes qu'on avait laissés pour nourrir, servir et protéger le dragon, mais Feux-du-Soleyl lui-même se révéla plus formidable que prévu. Au sol, les dragons sont des créatures maladroites, et son aile arrachée laissait la grande bête incapable de prendre son essor. Les attaquants s'attendaient à la trouver à l'article de la mort. En fait, ils la découvrirent endormie, mais le choc des épées et le tonnerre des chevaux ne tarde pas à éveiller le dragon et la première pique qui le frappa suscita sa fureur. Gluant de boue, lové entre les ossements de moutons innombrables, Feux-du-Soleyl se tordait et s'enroulait comme un serpent, fouettant de la queue, expédiant des éclairs de flamme dorée contre ses attaquants tandis qu'il s'évertuait à prendre son essor. A trois reprises il se souleva et à trois reprises il retomba au sol. Les hommes de Mouton le submergèrent sous leurs épées, leurs piques et leurs haches, lui infligeant maintes graves blessures... pourtant chaque coup semblait accroître sa rage. Le nombre de morts atteignit une soixantaine avant que les survivants ne prennent la fuite. La mort des dragons : le dragon rouge et le dragon d'or
Et Aegon aurait pu rester là, dissimulé mais inoffensif, noyant sa douleur dans le vin et cachant sous un lourd manteau les cicatrices de ses brûlures, si Feux-du-Soleyl n'avait pas retrouvé le chemin de Peyredragon. Nous pouvons nous interroger sur la raison qui le ramena à Montdragon : beaucoup l'ont fait. Le dragon blessé, avec son aile à demi brisée, était-il poussé par quelque instinct primordial à revenir à son site natal, la montagne fumante où il avait émergé de son oeuf ? Ou sentit-il, on ne sait comment, la présnce du roi Aegon sur l'île, à travers tant de lieues et de mers tempétueuses, et y vola-t-il pour rejoindre son dragonnier ? Septon Eustace n'hésite pas à suggérer que Feux-du-Soleyl avait perçu le besoin désespéré d'Aegon. Mais qui pourra présumer connaître le coeur d'un dragon ? La mort des dragons : la chute de Rhaenyra

jeudi 30 juillet 2026

La légende de Serwyn au bouclier miroir

Ce fut à peu près à ce moment que se produisit un des incidents les plus insolites de la Danse des Dragons. Selon la légende, durant l'Âge des Héros, Serwyn au Bouclier-Miroir aurait tué le dragon Urax en se recroquevillant derrière un bouclier tellement poli que la bête ne vit que son propre reflet. Grâce à cette ruse, le héros se glissa assez près pour plonger une pique dans l'oeil du dragon, remportant le nom sous lequel nous le connaissons encore. Que ser Byron Swann, fils cadet du sire de Pierheaume, ait connu l'histoire, nous ne pouvons en douter. Armé d'une pique et d'un bouclier d'acier argenté, accompagné seulement de son écuyer, il se mit en route pour tuer un dragon exactement comme Serwyn l'avait fait.
Mais ici règne la confusion, car, selon Munkun, c'était Vhagar que Swann avait l'intention de tuer, afin de mettre un point final aux raids du prince Aemond... Qu'on se souvienne toutefois que Munkun s'appuie largement sur le Grand Mestre Orwyle pour sa version des événements et qu'Orwyle était au cachot quand cela se déroula. Champignon, dans le camp de la reine au Donjon Rouge, prétend que ce fut plutôt Syrax de Rhaenrya qu'approcha ser Byron. Septon Eustace ne traite absolument pas de l'incident dans ses chroniques, mais, des années plus tard, il suggère dans une lettre que le Tueur de Dragon avait l'intention d'occire Feux-du-Soleyl... néanmoins, il se trompe très crtainement, pusiqu'on ignorait à l'époque où pouvait se trouver Feux-du-Soleyl. Les trois chroniques s'accordent à dire que le subterfuge qui avait valu à Serwyn au Bouclier-Miroir une gloire éternelle n'apporta à ser Byron Swann que la mort. Le dragon - peu importe duquel il s'agissait - s'éveilla à l'arrivée du chevalier et déchaîna ses feux, faisant fondre le bouclier réfléchissant et rôtissant l'homme accroupi derrière lui. Ser Byron mourut en hurlant. Fire & Blood, La mort des dragons : le triomphe de Rhaenyra

dimanche 26 juillet 2026

Le bal du boucher

Ser Criston Cole faisait face au feu, lui aussi. Tandis qu'il menait ses hommes vers le sud à travers le Conflans, la fumée s'élevait devant et derrière lui. Chaque village où il arrivait se révélait incendié et abandonné. Sa colonne traversait des bois d'arbres morts où, quelques jours plus tôt à peine, se dressaient des forêts vivantes, les seigneurs du Conflans allumant au fur et à mesure des brasiers sur son trajet. Dans chaque ruisseau, chaque étang, chaque puits de village, il trouva la mort : des chevaux crevés, des vaches mortes, des hommes tués, gonflés et empestant, pour polluer les eaux. Ailleurs, ses éclaireurs rencontrèrent un effrayant tableau où des cadavres en armures étaient assis sous les arbres en habits putréfiés, en une grotesque parodie de banquet. Les convives étaient des hommes qui avaient succombé lors de la Curée des Poissons, les crânes grimaçant sous des casques rouillés, tandis que leur chair verdie et putride tombait de leurs os.

A quatre jours de marche d'Harrenhal, les attaques débutèrent. Des archers se cachaient entre les arbres, tuant les avant-coururs et les traînards avec leurs arcs. Maints hommes périrent. D'autres se laissèrent distancer par l'arrière-garde et on ne les revit jamais. Certains s'enfuirent, lâchant leurs boucliers et leurs piques pour s'évaporer dans les bois. Et il y en eut pour passer à l'ennemi. Dans le pré commun de la Croix des Ormes, on trouva un autre des banquets macabres. Familiarisés avec de tels spectacles, désormais, les avant-coureurs de ser Criston firent la grimace et le croisèrent au galop, sans prêter attention aux morts décomposés... jusqu'à ce que les cadavres bondissent pour se jeter sur eux. Une douzaine périt avant de comprendre que c'était une mise en scène, l'oeuvre (comme on l'apprit plus tard) d'une épée louée myrienne au service de lord Vance, un ancien baladin du nom de Trombo le Noir.

Tout cela n'était que prélude, car les seigneurs du Trident avaient réuni leurs forces. Lorsque ser Criston laissa derrière lui le lac pour progresser au plus court vers la Néra, il les trouva qui l'attendaient au sommet d'une crête rocheuse ; trois cent chevaliers montés, en armure, autant d'archers à arcs droits, trois mille archers ordinaires, trois mille piquiers des Conflans, dépenaillés, des centaines de Nordiens brandissant haches, fléeaux, masses d'armes à pointes et vétustes épées de fer. Au-dessus de leurs têtes flottaient les bannières de la reine Rhaenyra. « Qui est-ce ? » demande un écuyer quand parut l'ennemi, car ils n'exhibaient aucunes autres armes que celles de la reine. 
« Notre mort », répondit ser Criston Cole, car ces adversaires étaient frais, mieux nourris, mieux montés, mieux armés, et ils avaient l'avantage de tenir les hauteurs, alors que ses propres hommes titubaient, malades et découragés.

Demandant une bannière de paix, la Main du roi Aegon s'en alla à cheval parlementer avec eux. Ils descendirent à trois de la crête à sa rencontre. A leur tête se trouvait ser Garibald Gris revêtu de sa plate et sa maille bosselées. L'accompagnaient Pat de Longfeuille, le Tueur de Lion qui avait occis Jason Lannister, ainsi que Roddy la Ruine, portant les cicatrices reçues à la Curée des Poissons. « Si j'abats mes bannières, nous promettez-vous la vie ? leur demanda ser Criston ?
- J'ai prêté serment aux morts, répliqua ser Garibald. Je leur ai dit que j'élèverais pour eux un septuaire avec les ossements des traîtres. Je n'ai pas encore assez d'os, alors...
- S'il doit y avoir une bataille, répondit ser Criston, nombre des vôtres périront aussi. »
Le Nordien Roderick Dustin s'esclaffa à ces paroles, répliquant : « C'est pour cette raison que nous sommes ici. L'hiver est venu. Il est temps pour nous de partir. Pas de meilleure façon de mourir que l'épée à la main. »  
Ser Criston tira sa flamberge du fourreau.  « A votre guise. Nous pouvons commencer ici, à nous quatre. Moi seul contre vous trois. Cela suffira-t-il pour faire un combat ? »

Mais Longfueille le Tueur de Lion riposta : « J'en veux trois de plus » et, sur la crête, Robb Rivers le Rouge et deux de ses archers levèrent leurs arcs droits. Trois flèches traversèrent le champ, frappant Cole au ventre, au cou et à la poitrine. « Je ne veux pas de chansons qui content combien tu as bravement péri, Faiseur-de-roi, déclara Longfeuille. Des dizaines de milliers sont morts par ta faute. » Il parlait à un cadavre.

La bataille qui suivit fut déséquilibrée comme aucune autre durant la Danse. Lord Roderick porta à ses lèvres une trompe de guerre et sonna la charge, et les hommes de la reine dévalèrent la crête en hurlant, menés par les Loups de l'Hiver sur leurs chevaux nordiens hirsutes et les chevaliers sur leurs destriers carapaçonnés. Avec ser Criston étendu mort, les hommes qui le suivaient depuis Harrenhal perdirent tout coeur. Ils rompirent les rangs et s'enfuirent, rerjetant leurs boucliers dans leur course. Leurs ennemis étaient sur leurs talons, les abattant par centaines. Par la suite, on entendit ser Garibald dire : « Ce fut aujourd'hui une boucherie, pas une bataille. » Quand Champignon entendit rapporter ces paroles, il surnomma cette bataille le Bal du Boucher, et c'est ainsi qu'on la connait depuis. Fire & Blood, La mort des dragons : le triomphe de Rhaenyra

samedi 18 juillet 2026

Aemond l'amoureux

[...] Le prince Aemond refusa d'envisager cette « lâche solution ». En tant que régent de son frère, il aurait pu exiger de la Main obéissance ; pourtant, il n'en fit rien. Munkun attribue cela à son respect pour un homme qui était son aîné, alors que Champginon suggère que les deux hommes étaient devenus rivaux pour l'affection de la nourrice, Alys Rivers, qui avait employé des philtres d'amour et des potions pour embraser leur passion. Septon Eustace se fait en partie l'écho du nain, mais affirme que seul Aemond s'était amouraché de Rivers, au point de ne pouvoir supporter l'idée de la quitter. Fire & Blood, La mort des dragons : le triomphe de Rhaenyra

mardi 14 juillet 2026

Victoires des Verts

L’arrivée du prince Daeron et de son dragon renversa le cours de la bataille. Maintenant, c’étaient les hommes de lord Ormund qui attaquaient, hurlant des imprécations contre leurs ennemis, tandis que les hommes de la reine s’enfuyaient. Avant la fin du jour, lord Rowan battait en retraite vers le nord avec les vestiges de son ost, Tom Flowers gisait mort et calciné au milieu des roseaux, les deux Alan avaient été faits prisonniers et lord Costayne agonisait d’une blessure que lui avait portée Faiseuse d'Orphelin, la lame noire de Jon Roxton le Hardi. Tandis que les loups et les corbeaux se régalaient du corps des morts, Ormund Hightower fêtait le prince Daeron avec de l’auroch et du brandevin, et l’adoubait chevalier avec la légendaire épée d’acier valyrien Vigilance, le baptisant « ser Daeron le Hardi ». Avec modestie, le prince répondit : « Votre seigneurie est bonne de dire cela, mais la victoire revient à Tessarion. » Fire & Blood, la mort des dragons : le dragon rouge & le dragon d'or
Entre temps, la boue des routes et de fortes pluies bridaient l'allure de la progression d'Aemond, car son armée se composait en grande partie de fantassins, avec un long train de bagages. L'avant-garde de ser Criston livra et remporta sur la berge du lac une âpre et courte bataille contre ser Oswald Guède et les lords Darry et Racin, mais sans rencontrer d'autre opposition. Au bout de dix-neuf jours de marche, ils atteignirent Harrenhal...
[...] Les combats se poursuivaient également dans d'autres régions du royaume, bien que ces affrontements soient de moindre envergure que la grande bataille au bord de l'Œildieu. Dans le Bief, lord Hightower et son pupille, le prince Daeron le Hardi, continuèrent à remporter des victoires, contraignant la soumission des Rowan de Boisdoré, les du Rouvre de Vieux Rouvre et les seigneurs des îles Bouclier, car nul n'osait affronter Tessarion, la Reine Bleue. Lord Borros Baratheon convoqua ses bannières et assembla à Accalmie près de six mille hommes, avec l'intention proclamée de marcher sur Port-Réal... pour finalement les mener plutôt au sud, dans les montagnes. Sa Seigneurie usa du prétexte d'incursions dorniennes dans les terres de l'Orage pour se justifier, mais on entendit murmuer tant et plus que c'étaient les dragons à l'avant et non les Dorniens aux arrières, qui l'avaient incité à ce changement de plan. Sur les mers du Crépuscule, les snekkars du Kraken Rouge fondirent sur Belle Île, la balayant d'une côté à l'autre tandis que lord Farman se retranchait derrière ses murailles, envoyait des demandes de secours qui ne vinrent jamais. Fire & Blood, La mort des dragons : le triomphe de Rhaenyra

mardi 7 juillet 2026

Rhaenyra triomphante

[...] au Donjon Rouge la reine Rhaenyra se mettait en devoir de récompenser ses amis et d'infliger de féroces châtiments à ceux qui avaient servi son demi-frère. Ser Luthor Largent, commandant des manteaux d'or, fut anobli. Ser Lorent Marpheux fut installé comme lord Commandant de la Garde Régine, et chargé de trouver six preux chevalier pour servir à ses côtés. Orwyle fut jeté au cachot et Sa Grâce écrivit à la Citadelle pour informer les mestres que son « léal serviteur » Gerardys était désormais « le seul véritable Grand Mestre ». Libérés des mêmes cachots qui avaient avalés Orwyle, les seigneurs et chevaliers noirs survivants furent gratifiés de terres, de charges et d'honneurs.

On offrit d'énormes récompenses pour toute information menant à la capture de « l'usurpateur se faisant appeler Aegon II », sa fille Jaehaera, son fils Maelor, des « chevaliers félons » Willis Fell et Rickard Thorne et Larys Fort le Pied-Bot. Lorsque cela échoua à produire le résultat escompté, Sa Grâce dépêcha des goupes de chasse de « chevaliers inquisiteurs » afin de traquer les « traîtres et scélérats » qui lui avaient échappé, et de punir quiconque serait convaincu de leur avoir prêté assistance.

La reine Alicent fut enchaînée au poignet et à la cheville par des entraves en or, mais sa belle-fille épargna sa vie « en mémoire de notre père, qui vous a jadis aimée ». Son père eut moins de chance. Ser Otto Hightower, qui avait servi comme Main sous trois rois, fut le premier traître qu'on décapita. Verge-de-Fer le suivit sur le billot, soutenant toujours qu'en vertu de la loi, le fils d'un roi devait passer avant sa fille. Ser Tyland Lannister, lui, fut confié à la torture, dans l'espoir de recouvrer une partie du trésor de la Couronne. 

[...] Les terres, châteaux et fortunes des maisons Rosby et Castelfoyer furent attribués aux fils des deux seigneurs exécutés tandis que Hugh Marteau et Ulf Blanc se voyaient adoubés et dotés de petits domaines sur l'île de Lamarck. Fire & Blood, la Mort des Dragons : le Triomphe de Rhaenyra

jeudi 2 juillet 2026

La chute de Port-Réal

Pendant ce temps, le prince Daemon Targaryen lui-même filait vers le sud sur les ailes de son dragon Caraxès. Survolant la côte occidentale de l’Oeildieu, à bonne distance de la ligne de marche de ser Criston, il esquiva l’ost ennemi, passa la Néra, puis obliqua vers l’est, descendant le fleuve jusqu’à Port-Réal. Et à Peyredragon, Rhaenyra Targaryen s’armura d’écailles noires et luisantes, enfourcha Syrax et prit son vol alors qu’une tempête fouettait les eaux de la baie de la Néra. Haut au-dessus de la ville, la reine et son prince consort se rejoignirent, tournoyant au-dessus de la grande colline d’Aegon.
Cette vision sema la terreur dans les rues de la ville en contrebas, car le peuple ne tarda pas à comprendre que l’assaut qu’ils redoutaient était enfin venu. En partant s’emparer d’Harrenhal, le prince Aemond et ser Criston avaient dégarni Port-Réal de ses défenseurs… et le Parricide avait pris avec lui Vhagar, cette bête terrible, ne laissant que Songefeu et une poignée de jeunes en début de croissance pour les opposer aux dragons de la reine. Les jeunes dragons n’avaient jamais été montés et la dragonnière de Songefeu, la reien Helaena, était une femme brisée ; la ville aurait tout aussi bien pu ne disposer d’aucun dragon.

Des milliers de gens du peuple se déversement par les portes de la ville, emportant avec eux sur leur dos leurs enfants et leurs biens matériels, pour aller chercher la sécurité dans la campagne environnante. D’autres creusèrent sous leurs taudis des fosses et des tunnels, des trous obscurs et humides où ils espéraient se terrer tandis que la ville brûleraient (le Grand Mestre Munkun nous apprend que nombre de passages cachés et de caves secrètes sous Port-Réal datent de cette époque). A Culpucier éclatèrent des émeutes. Quand on aperçut à l’est les voiles du Serpent de Mer sur la baie de la Néra, se dirigeant vers le fleuve, les cloches de tous les septuaires de la ville se mirent à carillonner et les rues furent envahies de bandes qui pillaient sur leur passage. Il y eut des dizaines de morts avant que les manteaux d’or ne parviennent à rétablir la paix.
En l’absence tant du lord Protecteur que de la Main du Roi, et le roi Aegon étant lui-même un grand brûlé, cloué au lit, perdu dans les rêves du pavot, il échut à sa mère la reine douairière de parer à la défense de la ville. La reine Alicent releva ce défi, barrant les portes du château et de la ville, envoyant les manteaux d’or sur les remparts et expédiant des cavaliers sur des montures rapides afin de rejoindre le prince Aemond et le ramener.

De même, elle ordonna au Grand Mestre Orwyle d’adresser des corbeaux à “tous nos léaux seigneurs”, les appelant à la défense de leur roi légitime. Quand Orwyle se hâta de regagner ses appartements, toutefois, il trouva quatre manteaux d’or qui l’attendaient. Un homme étouffa ses cris tandis que les autres le frappaient et l’entravaient. Un sac passé sur sa tête, le Grand Mestre fut escorté en bas, dans les cellules noires.
Les coursiers de la reine Alicent ne dépassèrent pas les portes, où d’autres manteaux d’or les conduisirent en détention. A l’insu de sa Grâce, les sept capitaines commandant les portes, choisis pour leur loyauté envers le roi Aegon, avaient été emprisonnés ou assassinés à l'instant où Caraxès apparaissait dans le ciel au-dessus du Donjon Rouge… car les simples soldats du Guet restaient attachés à Daemon Targaryen, le Prince de la Ville qui les avaient naguère commandés.
Le frère de la reine Alicent, Ser Gwayne Hightower, lieutenant des manteaux d’or, se précipita vers les écuries, avec l’intention de lancer l’alerte ; on se saisit de lui, on le désarma et on le traîna devant son commandant, Luthor Largent. Quand Hightower le traita de tourne-casaque, ser Luthor s’esclaffa. “C’est Daemon qui nous a donné ces manteaux, dit-il, et ils restent en or, quel que soit le côté dont on les porte.” Puis il planta son épée dans le ventre de ser Gwayne et ordonna qu’on ouvre les portes de la ville à la marée des hommes qui débarquaient des navires du Serpent de Mer.

Malgré la résistance tant vantée de ses murailles, Port-Réal tomba en moins d’une journée. Une lutte, brève et sanglante, se livra à la porte de la Rivière, où treize chevaliers Hightower et une centaine d’hommes d’armes repoussèrent les manteaux d’or et tinrent presque huit heures contre les attaques menées tant de l’intérieur que de l’extérieur de la ville, mais leur héroïsme ne servit à rien, car les soldats de Rhaenyra déferlèrent sans encombre par les six autres portes. La vue des dragons de la reine là-haut dans le ciel priva l’opposition de tout son courage, et les derniers loyalistes du roi Aegon se cachèrent, s’enfuirent ou ployèrent le genou.
Un par un, les dragons effectuèrent leur descente. Voleur-de-Moutons se posa au sommet de la colline de Visenya. Aile-d’Argent et Vermithor sur celle de Rhaenys, devant Fossedragon. Le prince Daemon décrivit des cercles au-dessus des tours du Donjon Rouge avant de poser Caraxès dans la cour extérieure. Ce ne fut que lorsqu’il eut l’assurance que les défenseurs ne lui feraient aucun mal qu’il signala à son épouse de descendre sur Syrax. Addam Velaryon resta dans les airs, tournoyant avec Fumée-des-Mers autour des remparts, le battement de cuir de ses ailes en mise en garde pour ceux d’en bas, prévenant que tout acte de défi affronterait le feu.
Constatant que toute résistance serait vaine, la reine douairière Alicent émergea de la Citadelle de Maegor avec son père, ser Otto Hightower, ser Tyland Lannister et lord Jasper Wylde, Verge-de-Fer (lord Larys Fort n’était pas avec eux. Le maître des chuchoteurs avait réussi à s’éclipser, on ne savait comment). Septon Eustace, témoin de ce qui suivit, nous raconte que la reine Alicent tenta de parlementer avec sa belle-fille. “Convoquons ensemble un Grand Conseil, ainsi que le Vieux Roi le fit dans l’ancien temps, proposa la reine douairière, et soumettons aux seigneurs du royaume la question de la succession.” Mais la reine Rhaenyra accueillit l’offre avec dédain. “Me prendriez-vous pour Champignon ? demanda-t-elle. Nous savons toutes deux en quel sens le Conseil déciderait.” Puis elle pria sa belle-mère de choisir : capituler ou brûler.
Inclinant la tête sous la défaite, la reine Alicent remit les clés du château et ordonna à ses chevaliers et hommes d’armes de déposer leurs épées. “La cité est à vous, princesse, rapporte-t-on qu’elle aurait dit, mais vous ne la garderez pas longtemps. Les rats s’amusent en l’absence du chat, mais mon fils Aemond reviendra apporter feu et sang.”

Les hommes de Rhaenyra découvrirent l’épouse de son rival, Helaena, enfermée dans sa chambre à coucher… mais quand ils enfoncèrent les portes des appartements du roi, ils ne trouvèrent que “son lit vide et son pot de chambre plein”. Aegon II s’était enfui. De même ses enfants, la princesse Jaehaera, six ans, et le prince Maelor, deux ans, en même temps que Willis Fell et Rickard Thorne de la Garde Royale. Même la reine douairière ne savait apparemment pas où ils étaient partis, et Luthor Largent jura que personne n’avait franchi les portes de la ville.
Il n’y avait toutefois aucun moyen de subtiliser le trône de fer. Et la reine Rhaenyra ne voulut pas aller dormir sans avoir pris possession du siège de son père. Aussi alluma-t-on les torches dans la salle du trône, la reine gravit-elle les marches de fer et s’assit-elle où avant elle s’était assis le roi Viserys, et le Vieux Roi avant lui et, dans l’ancien temps, Maegor, Aenys et Aegon le Dragon. Le visage sévère, encore revêtue de son armure, elle siège au plus haut tandis que chaque homme et femme dans le Donjon Rouge était contraint de s’agenouiller devant elle, d’implorer son pardon et de lui jurer en tant que reine vie, leur épée et leur honneur.

Septon Eustace nous dit que la cérémonie se prolongea toute la nuit. L’aube était depuis longtemps passé quand Rhaenyra se leva et effectua sa descente. “Et tandis que le seigneur son époux le prince Daemon l’escortait hors de la salle, on nota des estafilades sur les jambes de Sa Grâce et la paume de sa main gauche, écrivit Eustace. Des gouttes de sang churent au sol sur son passage et les sages s’entre-regardèrent, bien qu’aucun n’ose énoncer la vérité à voix haute : le trône de fer l’avait rejetée, et les jours où elle y siégerait étaient comptés.” Fire & Blood, la Mort des Dragons : le Dragon Rouge & le Dragon d'Or

vendredi 26 juin 2026

La seconde chute de Harrenhal

Tout au long de la marche, le prince Aemond avait gardé Vhagar à proximité de la colonne principale, pensant que son oncle pourrait les attaquer sur Caraxès. Il parvient à Harrenhal un jour après Cole et célébra ce soir-là une grande victoire ; Daemon et sa "racaille du Conflans" avaient fui plutôt que d'affronter son courroux, proclama Aemond. Rien d'étonnant, en conséquence, si lorsque l'annonce de la chute de Port-Réal lui parvint, le prince se sentit trois fois plus sot. Sa fureur fut terrible à contempler.
Le premier à en pâtir fut ser Simon Fort. Le prince Aemon n'avait aucune affection pour qui que ce soit de cette lignée, et la hâte avec laquelle le gouverneur avait livré Harrenhal à Daemon Targaryen le convainquit que le vieil homme était un traître.
Aemond commanda qu'on remette une épée à ser Simon. "Aux dieux de décider si vous dites vrai, clama-t-il. Si vous êtes innocent, le Guerrier vous donnera la force de me défaire." Le duel qui s'ensuivit fut totalement à sens unique, tous les récits s'accordent sur ce point ; le prince tailla le vieillard en pièces, puis odnna son corps à dévorer à Vhagar. Les petits-fils de ser Simon ne lui survécurent guère. Un par un, chaque homme, chaqu garçon ayant du sang Fort dans les veines fut présenté et mis à mort, jusqu'à ce qu l'empilement de leurs têtes monte à trois pieds de haut.
Ce fut ainsi que la fleur de la maison Fort, une ancienne lignée de nobles guerriers s'enorgueillissant de descendre des Premiers Hommes, connut une fin indigne dans la cour d'Harrenhal. Pas un seul Fort de naissance légitime ne fut épargné, ni aucun bâtard à l'exception - insolite - d'Alys Rivers. Bien que la nourrice ait deux fois son âge (trois, si nous nous fions à Champignon), le prince Aemond l'avait mise dans son lit comme butin de guerr peu après la prise d'Harrenhal, la préférant apapremment à toutes les autres femmes du château, y compris nombre de jolies jouvencelles du même âge que lui. Fire & Blood, la Mort des Dragons : le Triomphe de Rhaenyra