
La décision de GRRM de résusciter Jon Snow après que ce dernier ait été trahi et assassinné est assez étrange, étant donné qu'il a critiqué le choix de Tolkien de ramener Gandalf dans le Seigneur des Anneaux, oralement mais aussi par le biais de personnages comme Beric Dondarion et Catelyn Stark...
Ces deux derniers trompent la mort, mais à un prix dévastateur. GRRM explore cela à travers différents personnages, et à leurs façons diverses et variées de montrer la futilité d'un tel acte. Alors pourquoi l'auteur fera cela à Jon, si il est supposé se retrouver au centre du champ de bataille, et devenir un héro prophétique ?
Tromper la mort, contourner des voeux ?
Des fans pensent que GRRM a infligé cela à Jon pour le libérer de ses voeux de la Garde de Nuit. Mais ce n'est peut-être pas aussi simple que ça. Il avait sûrement prévu la mort et résurrection de Jon, quand il lui a fait nommer son loup FANTÔME et qu'il a écrit le prologue du premeir bouquin, où la mort brutale de Waymar Royce préfigure celle de Jon (article datant de 10 millions d'années à ce sujet). De plus, avant que Jon ne meurt, dans ASOS et ADWD il reçoit déjà une porte de sortie de ses voeux grâce à Stannis, qui lui offre de le libérer de son engagement si il plie de le genou et l'aide à gagner le soutien du Nord.
Qu’aimerais-je mieux, me laisser pendre comme tourne-casaque par lord Janos, ou, au prix d’un parjure, épouser Val et devenir le sire de Winterfell ? Posée en ces termes, la question semblait aisément résolue... A Storm of Swords, Jon XII
Bien sûr, Jon ne prendrait jamais le titre de sire de Winterfell au détriment de ses frères et soeurs légitimes, et jamais il n'accepterait de laisser l'arbre coeur être brûlé. Mais GRRM aurait pu altéré l'offre de Stannis à un tel point que Jon n'aurait eu d'autre choix que de l'accepter. Donc non, sa mort n'est pas une astuce pour le libérer de ses voeux de façon honorable. Jon a proclamé publiquement qu'il ne briserait pas ses voeux, ce qui a conduit à une mutinerie contre lui. Encore une fois, c'est facile de dire qu'il a été tué pour avoir été trop honorable pour avoir voulu sauver sa famille. On en revient au dilemne d'amour contre devoir, et Jon a choisi l'amour. Mais d'après la perspctive de Bowen Marsh, c'était parce qu'il pensait pouvoir faire tout ce qu'il voulait en tant que Lord Commandant. A ses yeux et à ceux des autres mutins, Jon agissait comme s'il était le Roi du Mur, et ils l'ont poignardé d'une manière qui n'est pas sans rappeler Jules César. C'est bien plus complexe que de laisser Jon mourir de façon honorable pour qu'il soit libéré de ses voeux.
Pourquoi alors ?

Le problème Gandalf : spectre de feu ou pas ?
Il faut qu'on reprenne les propos de GRRM sur la résurrection de Gandalf dans Le Seigneur des Anneaux, et sur son écriture de Beric Dondarion et de Lady Coeurdepierre. D'autres fans ont déjà écrit que la mort de Jon est destinée à faire de lui un personnage bien plus sombre qu'il ne l'était. Mais sombre à quel point ? En comparaison de Beric et Catelyn, Jon ne peut pas trop basculer du côté sombre, et même si c'est le cas, en termes de popularité il ne terminera pas en conflit avec un autre personnage principal que les lecteurs attendent de le voir rencontrer lol. Pour beaucoup de fans, la résurrection de Jon est une expérience transformative, vouée à créer un parallèle avec la naissance des dragons de Daenerys, et indiquer ses origines de Targaryen et qu'il serait Azor Ahai resuscité. Cette théorie a l'air complétement à côté de la plaque quand on voit comment GRRM parle de Gandalf.
“Je crois que si vous ramenez un personnage, un personnage qui a traversé la mort, c'est une expérience transformative. A l'époque de Wonder Man, j'adorais qu'il soit mort, et même si je continuais à l'apprécier des années plus tard, ça ne me plaisait pas qu'il soit ramené, parce que ça diminuait l'impact de sa mort. J'admire énormément Tolkien, mais je pense que Gandalf aurait dû rester mort. C'est une séquence tellement impressionnante dans la Communauté de l'Anneau, quand il affronte le Balrog et qu'il tombe dans le vide, et ses derniers mots sont“fuyez pauvres fous.”Quelle puissance, ça m'avait impressionné. Et ensuite il revient, c'est devenu Gandalf le Blanc, et il est encore meilleur qu'avant. Je n'ai jamais aimé Gandalf le Blanc autant que Gandalf le Gris, et je n'ai jamais aimé qu'il soit ressucité. Je crois que ça aurait eu un plus gros impact sur l'histoire si Tolkien ne l'avait pas ramené.Ceux de mes personnages qui reviennent d'entre les morts n'en reviennent pas indemnes. D'une certaine façon, ils ne sont plus les mêmes personnages qu'avant. Leur corp fonctionne, mais certains aspects de leur esprit ont changé, et ils ont perdu quelque chose. Un personnage qui est revenu à plusieurs reprises, Beric Dondarrion, à chaque fois il perd un peu plus de lui même. Il avait été envoyé en mission avant sa première mort, et c'est tout ce à quoi il se raccroche, cette mission et ce qu'il devait faire. Il oublie le reste, qui il est, où il vivait, la femme qu'il devait épouser... de bouts de son humanité disparaissent à chaque fois qu'il revient, mais pas cette mission. Des bouts de sa chair tombent en lambeaux, mais cette mission, ce but qu'il avait continue de l'animer et de le ramener d'entre les morts. Je pense que vous pouvez voir ça avec les autres personnages qui ont été résuscités.” GRRM pour Bullseye (2011)“Tout ce temps, je pensais que Gandalf était mort, mais maintenant il est de retour, il est devenu Gandalf le Blanc. Et il est plus ou moins le même qu'avant, sauf qu'il est plus puissant. Ca m'a toujours semblé être de la triche. En vieillissant et en y repensant, il me semble que la mort ne vous rend pas plus puissant. D'une certaine façon, c'est moi dans les dialogues qui dit à Tolkien ’Ouais, si quelqu'un revient d'entre les morts, surtout si ils ont souffert d'une mort violente et traumatisante, ils ne vont pas revenir plus gentils que jamais.’ C'est ce que j'essayais et essaye de faire avec Lady Coeurdepierre/Catelyn Stark.Pauvre Beric Dondarrion, qui servait de préfiguration pour tout ça : à chaque fois qu'il revient, il est un peu moins Beric. Il perd la mémoire, il a toutes ces cicatrices, il est de plus en plus hideux, parce que ce n'est plus un être humain en vie. Son coeur ne bat plus, son sang ne circule plus dans ses veines, c'est un spectre animé par le feu plutôt que par la glace - et nous revoilà à ce truc de feu et de glace.” GRRM pour le Time (2017)

Pour ce qui est de cette comparaison de Beric, des spectres de feu et de Jon, d'autres fans ont théorisé que Jon ne reviendra pas dans le même état que Beric ou Catelyn, car une combinaison de magie des Enfants de la Forêt (en s'étant wargé dans Ghost avant de mourir), de sacrifice, de magie du feu et des ténèbres, n'auront pas le même effet.
Comme il n'y a pas de pureté dans une forme de magie, cela créée une sitation où le corps de Jon 'est pas gouverné par une seule force, et son âme préservée quand il s'est wargé dans Ghost. Cependant, il pourrait devenir plus sombre, plus impulsif, plus loup qu'homme, en plus d'être très traumatisé. Mais cela n'explique toujours pas pourquoi il avait besoin de vivre une telle chose d'un point de vue narratif.
Les messies : critique des allégories bibliques dans la littérature fantastique
Si Jon avait été résuscité pour créer un spectacle magique rivalisant avec la naissance des dragons de Daenerys, afin de préfigurer la promesse d'eux deux en tant qu'héros de guerre, est-ce que GRRM aurait vraiment fait de Jon un Jésus sacrifié, sans déconstruire cette trope ? En voyant comment il fait cela avec Daenerys, puisque son moment le plus magique se produit à la du premier roman, on peut en avoir un aperçu, n'ayant pas d'autres contenu de Jon post-résurection dans les bouquins.
En tant que personne souhaitant libérer les esclaves et les conduire en terre promise, Daenerys est un Moïse déconstruit. Elle traverse le désert rouge, comme lui l'a fait avec la Mer Rouge, ses gens la suivant alors qu'elle suit une comète, pour au final en conduire plusieurs à leur mort ou à l'abandonner. Qu'en suivant cette comète, elle ait provoqué plus de souffrances que de salvations, détruit les attentes qu'on aurait d'un messie. De plus, contrairement à Moïse, elle ne les emmène avec elle pas pour les sauver, mais pour le conquête d'un continent qu'elle juge être à elle, et elle échoue en cela. Son désir de les sauver entre en conflit avec ses actions de subjugations, elle se sert d'eux et cela est de plus en plus évident au fil de son arc. Peut-être que cette expérience est révélatrice de Daenerys dans le rôle d'héroïne prophétique, même dans le sens fantastique. Dans l'analyse 'la colère de Mirri Maz Duur' précédement postée sur le blog, je traduisai ceci :
“Elle veut essayer de sauver ces femmes d'abus sexuels... mais sa solution n'est guère mieux, elle propose que ces femmes épousent leurs violeurs ! Ce n'est donc pas la salvation qu'elle offre à ces victimes, parce que Daenerys ne comprends pas ce qu'est le consentement. On peut en partie pardonner la naïveté de Daenerys : elle pense que les femmes lhazaréennes devraient épouser leurs violeurs Dothraki, et que tout ira bien si les rapports sexuels suivants sont doux, car c'est ce qu'il s'est passé pour elle. Cependant, cette solution proposée par Daenerys devient un schéma récurrent dans la suite de son histoire : elle essaye de sauver des gens (de l'esclavage, de viols...) pour seulement les laisser dans des situations identiques, voir pires, que celles où ils se trouvaient au départ : cet épisode ouvre la voie à Daenerys la sauveuse ratée, et cet aspect devient très clair quand on découvre les conséquences de ses actions avec Mirri Maz Duur. ”
Si vraiment Daenerys est l'Etalon qui Monte le Monde, pourquoi les gens pensent que c'est quelque chose de positif, puisque chez les non-mourants, il y a une vision de Rhaego sur un étalon, faisant face à une cité en flammes ? Mirri a même tué Rhaego par vengeance et en pensant empêcher la prophétie de s'accomplir :
« Il ne brûlera pas de villes, désormais, l’étalon que l’on prétendait devoir un jour monter le monde. Son khalasar ne foulera pas de nations. » A Game of Thrones, Daenerys IX

Mais en faisant ce choix, elle pousse Daenerys dans ce rôle ; et bien que cette dernière veuille être une sauveuse et qu'elle ait de bonnes intentions, alors qu'elle franchit la ligne du pouvoir absolu, il vaudrait mieux être sceptique de si c'est une bonne chose. Elément opposé des Autres, elle pourrait être tout aussi dangeureuse que ces derniers, car “la route de l'enfer est pavée de bonnes intentions”. Elle pourrait bien ne pas être le messie que tout le monde pense qu'elle est. Peut-être bien qu'Azor Ahai n'est pas un sauveur, mais un destructeur, car les prophéties sans une épée sans poignée, et la plupart des fans essayent de deviner à qui correspond la prophétie plutôt que de se demander ce qu'elle veut dire. En latin, Lucifer, le nom originel de Satan, veut dire “celui qui apporte la lumière”. Alors on ne peut pas être certain d'avoir à faire à un sauveur.
En plus de Tolkien, GRRM a aussi dit avoir été inspiré par Tad Williams et sa série L'Arcane des Epées.
“La Ligue du parchemin et la suite de sa fameuse trilogie de quatre livres est l'une des choses qui m'a inspiré pour écrire ma propre trilogie de sept livres. La littérature fantastique a mauvaise réputation pour ne parler que de rituel et formules magiques. Mais quand j'ai lu La Ligue du parchemin, je me suis dit ‘Bon sang, ils peuvent faire quelque chose ave ce format, et Tad le fait.’ C'est une de mes séries fantastiques préférées.” GRRM en 2011
La note d'introduction du premier livre est intéressante, car elle a un message d'éviter de faire des suppositions ! Et malheureusement, on dirait bien que la majorité des lecteurs d'ASOIAF ne questionnent pas la nature des prophéties autant qu'ils ne le devraient. Dans les moments les plus importants des romans, les lecteurs ne se demandent pas si “le méchant est le héro dans le camp d'en face” et si l'auteur s'inspire de conflits historiques et littéraires comme Hector et Achille pendant la Guerre de Troie, terminerait-il avec des méchants qui sont évidents et qui ne servent qu'à montrer à quel point d'autres personnages sont héroïques ? De plus, GRRM semble lui même indiquer que les Autres ET Daenerys sont des menaces pour Westeros.
Les deux [arcs] les plus éloignés sont ce qu'il se passe au nord du Mur, et ensuite la Targaryen sur l'autre continent avec ses dragons, et ce sont bien sûr le feu et la glace du titre. Ce qu'il y a au centre, au milieu à Port-Réal, est plutôt basé sur des événements historiques, sur de la fiction historique. C'est librement inspiré de la Guerre des Deux Roses et d'autres conflits qui ont eu lieu pendant la Guerre de 100 ans, avec un retournement fantastique. Une des dynamiques avec laquelle j'ai commencé, c'était l'idée de ces gens si obsédés par leurs conflits pour le pouvoir - qui va être roi ? qui va s'assoir au conseil restreint ? qui va écrire les lois ? - qu'ils sont aveugles aux autres et bien plus grandes menaces qui approchent en périphérie de leurs royaumes. GRRM pour Al Jazeera America
Feu et glace, deux éléments destructeurs, évoquant le poème apocalyptique Fire & Ice de Robert Frost. GRRM ayant comparé les Autres au changement climatique et les dragons de Daenerys à l'arme atomique, ce n'est pas trop tiré par les cheveux de l'associer à deux forces qui ont le potentiel de détruire toute vie humaine. On défend Daenerys en disant que non, ce n'est pas une méchante. Ce n'est pas entièrement faux ; mais imaginons que Galadriel ait eu l'Anneau Unique, serait-elle restée incorrompue par le pouvoir ?
“Stan Lee a un jour écrt qu'avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités. Le credo de Spider-Man intégre la base de chaque univers superhéroïque, dont le notre. Mais Lord Acton a aussi écrit que le pouvoir corrompt, et que le pouvoir absolu corrompt absolument. La tension entre ces deux vérités, c'est là qu'on trouve le drame.” GRRM, 2008

“Les dragons sont la force de disuasion nucléaire, est seule Daenerys les a : d'une certaine façon, cela fait d'elle la personne la plus puissante au monde. Mais est-ce suffisant ? […] Le pouvoir est plus subtil que ça. Vous pouvez avoir le pouvoir de détruire, mais ça ne vous donne pas le pouvoir de réformer, ou d'améliorer, ou de construire.” GRRM, The Bulletin
Pour en revenir à Jon, le cas pourrait être identique malgré ses différences, surtout à cause de sa résurrection qui semble le prédestiner à devenir une figure messianique. Pas autant que Daenerys, mais juste assez pour que les gens se demandent pourquoi Jon ferait de Jon Jésus, quand même Tolkien a critiqué la façon dont C.S.Lewis a fait de son Aslan (Le Monde de Narnia) une allégorie pour Jésus avec d'autres influences bibliques. Dans la Bible, la bannière de Jésus était le Lion de Judas, alors c'est vraiment très littéral. Donc quand Aslan est enchaînée par les serviteurs de la Sorcière Blanche et qu'elle le tue, mais qu'après il revient à la vie à l'aube, l'allusion est inévitable. En tant qu'amis, Tolkien et Lewis ont beaucoup débatu sur leurs visions théologiques dans la littérature fantastique, ce dont serait au courant tout lecteur du genre, qui saurait également que beaucoup ont critiqué les choix d'écriture de Lewis en disant que c'était de la propagande chrétienne. Si GRRM a un problème avec le fait que Gandalf le Gris devienne Gandalf le Blanc pour aider les autres héros, ne détesterait-il pas l'idée de Jon revennant pour devenir une figure messianique comme Aslan ?
Bien sûr, Jon pourrait toujours être ambigu moralement avec les antagonistes et finir par sacrifier sa vie, mais encore une fois, est-ce que cela déconstruirait l'archétype de Jésus ? Dans le texte en lui-même, GRRM a abordé le thème de la religion, mais il en est aussi très critique : on trouve des parallèles entre sa Foi des Sept et le Catholocisme, entre sa Foie Militante et les croisades, entre son Grand Moineau et les événements de l'inquisition espagnole. Laisser ses personnages devenir des messis serait tout autre chose. GRRM veut certainement humaniser ses personnages idéalistes en limitant leur impact en ajoutant un élément réaliste, comme sa question “quelle serait la politique des taxes d'Aragorn ?” Avoir de bonnes intentions ou du pouvoir ne suffit pas.
Peut-être que, l'obsession des Targaryen pour la grandeur, d'être extraordinaires par rapport au commun des mortels et d'émerveiller le monde, est une autre raison pour laquelle l'auteur ne veut pas récompenser ces personnages par le pouvoir de sauver le monde d'une façon aussi monumentale. Peut-être à plus petit échelle, mais probablement pas d'empêcher l'apocalypse de se produire grâce à leur lignée parce que ça fait des générations qu'ils disent qu'ils sont destinés à faire ça à cause d'une prophétie.
Le dilemne de Tolkien chez GRRM
“Ce n'est pas facile de régner. Ce serait ma réponse à Tolkien, qui, bien que je l'admire, a des avis avec lesquels je ne suis pas d'accord. Le Seigneur des Anneaux a une philosophie très médievale : si le roi est un homme bon, la terre prospère. Quad on regarde l'Histoire, ce n'est pas aussi simple que ça.” GRRM, The Rolling Stone
Vu le style de Martin, ne préférerait-il pas plutôt déconstruire l'idée de personnages envisagés comme des messies à cause d'un événement spectaculaire qui montre leur abileté à déjouer la mort ? Peut-être que l'intérêt de R+L=J n'est pas que Jon soit le Prince qui a été Promis car il est le fruit de l'union du feu et de la glace, mais un autre faussement prédit messie, dont le rôle est de sauver aillers. Même Tolkien avait Aragorn, le prince secret, qui a laissé Frodo porter l'Anneau en Mordor et livrer la bataille la plus important. Aragorn a fait cela, car il craignait d'être corrompu par le pouvoir de l'Anneau comme ses ancêtres avant lui. Il fallait que ce soit quelqu'un qui n'avait aucun désir ni de pouvoir ni de gloire. Frodo est l'un des meilleurs perosnnages de Tolkien, pour sa déconstruction de la trope du héro fantastique, même si ce n'est pas celui qu'on aime le plis. Lui aussi était un héro prophétique qui a échoué à sa tache, et qui n'a réussi sa mission que grâce à la convoitise de Gollum et à l'amitié de Sam. Il est probable que GRRM apprécie celui lui aussi, car il mentionne ses problèmes avec Aragorn - qu'on ne sait jamais quelles politiques il a mis en place pour faire de lui un bon roi - mais il ne fait jamais cela avec Frodo, car ce que Tolkien a fait avec ce personnage sortait du moule et c'était brillant dans sa façon de faire.

Jon est le personnage qui est le plus l'équivalent d'Aragorn, vu sa parentèle secrète et la promesse d'unir un royaume brisé ; et en un sens, Bran, so jeune, pur et naïf, est le personnage qui correspondrait le plus à Frodo. GRRM ne prévoit sans doute pas de faire exactement les mêmes rôles, et il est probable que plusieurs de ses personnages deviennent des héros qui ont échoué. Cependant, pour ce qui est de la bataille ultime et de la source de pouvoir principale, il est possible qu'il ait choisi quelqu'un détaché du pouvoir et des institutions de la société, comme Bran va passer un certain temps caché sous la terre avec la Corneille à Trois Yeux. Il est sûr qu'il a moins de chapitres par rapport à d'autres personnages en comparaison au premier bouquin, mais cela ne pourrait que masquer son importance à venir. A guise d'exemple, le réalisateur Alan Taylor de GOT a un jour dit qu'il pensait que l'histoire se résumait à Jon et Daenerys, alors que GRRM a quant à lui dit ceci :
“J'ai rencontré certains qui pensaient qu'il fallait trouver la ligne de l'histoire. Qui est le personnage principal ? Quelqu'un pensait que c'était Daenerys, qu'il fallait couper tous les autres. Ou Jon Snow. C'étaient les deux personnages les plus populaires autour desquels on voulait construire la série, mais en faisant ça vous perdez 90% de l'histoire”. GRRM, Rollingstone 2014“J'ai eu beaucoup d'entretiens avant David et Dan, et les gens disaient que c'était le prochain Seigneur des Anneaux. Mais ils ne pouvaient pas gérer la taille de l'histoire. Toutes ces rencontres, ils disaient, “il y a trop de personnages, c'est trop gros, Jon Snow est le personnage principal, on supprimera tout le reste” ou “Daenerys est le personnage principal, on supprimera tout le reste.” J'ai rejetté toutes ces offres”. GRRM, Time Magazine 2017
Si l'impression superficielle que ces personnages sont les plus importants de l'histoire alors que GRRM dit qu'ils ne représentent que 10% de l'histoire, il est inenvisageable de supposer qu'ils deviendront ce que les lecteurs veut qu'ils soient, surtout avec le style de GRRM. Il ets plus probable qu'on les prenne à tort pour des héros et qu'ils deviennent autre chose. Avant sa mort, la main d'épée brûlée de Jon s'engourdit et le déçoit au moment où il en a le plus besoin : c'est poignant parce que ça le détourne du destin d'Aragorn, pour lequel l'épée Anduril a été forgée quand il en a été jugé digne. Par cette action que GRRM a préparé tout au long des romans précédents, il écarte Jon du rôle et de l'épée du héro d'action. Pas totalement, mais il le rend plus vulnérable et explore les idées de ses limites, tant en déconstruisant l'idée d'un véritable chevalier maniant Excalibur. Si Jon ne peut pas revenir aussi puissant que Gandalf ne l'a fait, il ne peut revenir que plus faible. Il ne peut revenir que plus faible. Son rôle pourrait en fin de comtpe de n'être qu'un politicien, car comme le montre le règne de Robert, ce n'est pas avec une épée qu'on dirige un pays sur le long terme. Ce n'est pas la fin, surtout comme après la guerre d'autres cicatrices ou handicaps pourraient suivre.
Quand on y pense, aucun autre personnage dans le texte ne répond à la question de GRRM sur la politique des taxes d'Aragorn autant que ne le fait Jon lors de ses tâches d'intendance. On peut aussi dresser un parallèle avec le rôle d'Henry VII pendant la Guerre des Deux Roses comme raison pour la survie de Jon qui serait nécessaire après la guerre à Westeros. Peut-être que sa résurrection aura des effets indésirables sur le long terme, provoquant à terme une mort prématurée. Peut-être qu'il vivra plus logntemps pour sa famille, jusqu'à choisir qu'il est temps de partir. De plus, la mort de Jon a un rôle significatif, parce qu'elle illustre qu'aucun dirigeant n'est une île, et que ces derniers doivent s'entourer de conseillers en qui ils ont confiance, qui les dissuaderont de prendre les mauvaises décisions - Jon n'avait pas ça quand il est mort. Au vu des critiques de GRRM sur la structure du conseil restreint et du gouvernement basé sur les dragons à Westeros, il faudra sûrement envisager un sérieux restructurement, où un dirigeant pourra être questionné et tenu pour responsables de ses actions de façon légale, sans basculer dans les guerres civiles ou les mutineries.
Si “les dragons ne plantent pas d'arbres”, alors il y a deux personnages qui représentent cette ligne et qui sont en conflit l'un avec l'autre. On dit que Daenerys a “épousé le feu”, et que Bran a “épousé les arbres”. Cet aspect les rends plus comparables, en tant qu'individus entourés de magie et de prophéties. En termes de magie, ces deux-là sont plsu comparables que Jon et Daenerys, qui sont plutôt comparables dans leurs actions de dirigeants. Dans les deux cas, Jon et Bran sont les opposés de Daenerys. L'histoire de Bran partage aussi des similitudes avec le Dernier Héro, qui comme lui est parti à la recherche des Enfants de la Forêt, et qui était peut être aussi Bran le Batisseur.

Le jeune garçon handicapé souvent ignoré, qui a survécu à une chute qui aurait dû lui être fatale, et s'est approché très proche de la mort. Mais cela a un prix, un traumatisme durable, comme pour Frodo. Peut-être que même les actes de bravoure de Bran sont accidentels, ou à cause des liens amicaux et familiaux, comme pour Sam et Frodo. Peut-être qu'en dehors de ça, tout le reste n'est qu'un combat collectif poru la survie, pas avec des épées magiques, mais avec du verredragon et de l'acier valyrien, représentant ainsi les valeurs de la Garde de Nuit. Peut-être que les prophéties ne sont pas littérales, mais plutôt métaphoriques.
« Oyez mes paroles et soyez témoins de mon serment, récitèrent-ils, emplissant d’une même voix l’obscurité croissante du bois sacré. La nuit se regroupe, et voici que débute ma garde. Jusqu’à ma mort, je la monterai. Je ne prendrai femme, ne tiendrai terres, n’engendrerai. Je ne porterai de couronne, n’acquerrai de gloire. Je vivrai et mourrai à mon poste. Je suis l’épée dans les ténèbres. Je suis le veilleur au rempart. Je suis le feu qui flambe contre le froid, la lumière qui rallume l’aube, le cor qui secoue les dormeurs, le bouclier protecteur des royaumes humains. Je voue mon existence et mon honneur à la Garde de Nuit, je les lui voue pour cette nuit-ci comme pour toutes les nuits à venir. » A Game of Thrones, Jon VI
Cela retournerait donc l'idée que sauver le modne ne repose que sur les épaules d'une (poignée de) personnes, plutôt que de toute l'humanité, comme dans le monde réel. La bataille de l'aube pendant la Longue Nuit a été gagnée sans dragons mais grâce à l'aide des Enfants de la Forêt, donc qu'ils soient la clé n'est pas très convaincaint, surtout quand l'histoire est si ambigue.
En dépit des nombreux personnages puissants de LOTR - avec lesquels GRRM a ses problèmes - Tolkien leur a permis d'aider les personnages qui n'avaient pas ce genre d'aptitudes. Ils n'ont fait qu'aider, et aucun perosnnages n'était le messie. La batailel finale était répartie sur plusieurs locations, avec Saruman, Denethor et Gollum dans les rôles d'antagonistes plus humanisés que les orques, le Roi Sorcier et Sauron, même après que la guerre ait été gagnée. La guerre a épuisé certains comme Faramir et Eowyn, les Elfes ont quitté la Terre du Milieu et Arwen a choisi de vivre uen vie de mortelle tout en sachant qu'Aragorn mourrait plusieurs années avant elle, Frodo a été brisé et la Comté des Hobbits été détruite. La politique, bien que de façon assez libre dans cet univers, a été mêlée au fantastique.
Il semble donc aberant que les lecteurs s'attendent à moins que cela de la part de GRRM, qui semble vouloir poursuivre la lignée de Tolkien. Une paire de morts tragiques de quelques personnages principaux ne suffirait pas. Bien qu'ASOIAF explore déjà les conquences de la guerre et le traumatisme que cette dernière laisse derrière elle, la batailel finale qui aura lieu avant sera cruciale pour démontrer quels aspects du genre l'auteur veut détourner. L'héroïsme est une partie innée de la littérature fantastique, et bien qu'elle ait son poids chez GRRM, il n'a rien de surprenant dans le genre fantastique. Et au lieu, c'est réducteur de ne pas envisager la question : quel est le retournement de situation ? A quoi n'avons nous pas encore pensé ? Cela veut dire revoir les sources d'inspirations de l'auteur. Pour cette raison, il est dur d'envisager Jon ou Daenerys comme figures divines sauvant l'humanité.
C'est peut-être pour cela que Jon passera par cet arc de résurrection : cela l'empêchera de devenir un héro.
Traduction : moi // Source





































