
Le magazine Instyle a rencontré les petites mains à l'origine des looks des personnages de la saison 3 de HOTD ; voici ma traduction de leur article/résumé !
Cela fait maintenant 7 ans depuis la fin de Game of Thrones, et les fans parlent toujours de ses scènes les plus violentes comme les Noces Pourpres, la Bataille des Bâtards, et le Siège de Meereen. GOT était synonyme de batailles sanglantes, de morts atroces, de trahisons inattendues, et son prequel House of the Dragon a pris la relève. Mais bien que les têtes décapitées et les flammes de dragons sont la première chose qui vient à l'esprit des gens quand on parle de cette franchise, les costumes de la série sont, en grande partie, ce qui donne vie à l'univers élaboré créé par George R. R. Martin. On ne dirait pas au premier coup d'oeil, mais le prequel de HBO est en fait un défilé de mode.
Alors, comment on habille une armée ? Avec un département costume qui a lui-même des airs de milice. L'équipe de 140 comprends des personnes qui coupent les tissus, d'autres qui teignent les textiles, qui brodent, qui fabriquent des bijoux, des experts en armurerie, des spécialistes en cuir et en cotte de mailles, d'autres encore qui rendent les vêtements 'usés' (oui, c'est un vrai boulot) ; en tout et pour tout, ils créeent environ 1000 tenues par épisode. “C'est une tâche phénomènale,” explique la chef costumière Caroline McCall.
Bien que son équipe habillent les personnages d'un univers fantastique, leur but est de “les rendre aussi réalistes que possible” précise McCall. Tout commence par comprendre chaque personnage : dans quel climat vivent-ils ? quel est leur status économique ? et, plus important que tout le reste : quelle est la couleur de leur famille ? “La couleur est très mportante ... afin de montrer que les Targaryen sont très différentes des Hightowers,” élabore McCall. “C'est instantané : on voit les couleurs, on sait de quel côté ils sont.”


Pour simplifier, la série peut être résumée au conflit entre les Verts (la couleur des Hightower) et les Noirs (la couleur des Targaryen). Les Verts soutiennent les prétentions au Trône d'Aegon II, le fils d'Alicent Hightower, tandis que les Noirs soutiennent les prétentions de Rhaenyra. “Au début de la saison 2, [Alicent] porte beaucoup de vert ... puis, alors qu'on avance ce sont plutôt des couleurs bleutées,” dit McCall.


De l'autre côté de la guerre il y a Rhaenyra, dont l'évolution est présentée par le genre de vêtements qu'elle porte plutôt que par ses couleurs. Au début de la saison, elle porte une robe rouge plissée et ouverte (un style récurrent chez les Targaryen) avec des détails élaborés de perles et de broderie. C'est la dernirèe robe qu'on la verra porter, puisqu'elle la détruit à coup de dague, frustrée d'être confinée dans ses appartements par son fils Jace, et qu'elle est ainsi gardée à l'écart de la bataille. Ce moment symbolise que Rhaenyra rejette la féminité au sens traditionnel, un tournant majeur pour un personnage dont le règne a sans cesse été dénigré sur la base de son sexe. A partir de cet instant, elle porte des cuirs de vol plus pratiques, incluant des pantalons, des bottes et une tunique blindée. Cet ensemble est rendu formidable par des écailles métalliques évoquant celles d'un dragon, fabriquées individuellement, avec différentes tailles et textures qui ont été gravées, estampillé, et forgées pour “une qualité plus organique,” explique la bijoutière Sara Gunn.


Il y a encore plus d'écailles pour Aemond Targaryen, dont l'armure s'inspire du gothisme européen du milieu du 15e siècle. McCall a saisi “la parfaite opportunité” de faire référence à George et le Dragon (un conte anglais dont lequel Saint George tue un dragon pour sauver une princesse) avec une silhouette classique allongée. Mais elle en a fait une silhouette de Targaryen avec des détails pointus et angulaires, recouvrant le torse pour donner l'illusion d'une peau de dragon. L'armure d'Aemond est composée de 81 éléments différents, et a nécessité 22 semaines de travail, débutant avec un scan à 360° du corps d'Ewan Mitchell. Le superviseur des armures Simon Brindle, et son équipe de 25-30 perosnnes, ont eu pour tâche de créer une armure sûre à porter, assez souple pour des mouvements de combat, et solide — après tout, elle devait supporter le poids d'épées en acier créées par un forgeron. Brindle raconte qu'ils ont utilisé de vrais matériaux, comme la cotte de maille, dès que c'est possible, mais d'autres éléments de l'armure doivent être reproduits avec des matérieux plus légers, comme le polymère.
“Travailler avec ces gars, c'est tout pour moi, ce sont de vrais génis. C'est tellement immersif, [avec] la perruque, le cache oeil, les longs cheveux, l'armure,” s'extasie Mitchell. Bien que chacun des mouvements d'Aemond donne à cette armure un air maléfique, il est impossible de nier comme il a l'air cool avec, et qu'il donne une sacré impression.


Les fans de la série savent que les personnages secondaires peuvent aussi avoir leurs moments — il suffit de voir Alys Rivers cachant Aemond, soignant ses blessures pendant qu'il y a une prime sur sa tête — et ainsi, McCall s'assure qu'eux aussi sont habillées de façon appropriée pour l'occasion. “Vous voulez une rencontre inoubliable !” dit-elle. Parmi ces personnages, il y a Lord Ormund Hightower, qui en impose à l'écran dans une armure dramatique sur laquelle sont gravés les dieux de la foi des sept (le Père, la Mère, le Guerrier, la Jouvencelle, le Ferrant, l'Aïeulle et l'Etranger). Il y a aussi Daemon Targaryen, l'impulsif oncle/époux de Rhaenyra, habillé d'une “esthétique brutale” complété par des cuirs confectionnés à la main et un symbole de dragonnier menacant frappé sur sa poitrine.


Ou encore, l'amiral Sharako Lohar de la Triarchie : son costume est l'adaptation d'une tunique d'enfant vintage, décorée de pièces de monnaie, de coquillages et d'autres éléments faisant référence à son côté pirate. “C'est sûrement celle qui nous a donné le plus de travail,” raconte McCall, qui précise qu'une fois que le look initial a été terminé, il a fallut créer neuf copies du costumes, avec différents degrés de dommages suite à l'affrontement mortel de Sharako pendant la Bataille du Gosier. “C'est un peu devenu une blague,” ajoute la coupeuse de costumes Jacqueline Mulligan. “On était en plein dans les retouches et c'était 'en fait, je pense qu'il en faudrait deux de plus.'” En réalité, aucun des personnages de la série n'est virtuellement épargné par la guerre : ainsi, plusieurs d'entre eux ont besoin de copies de chacun de leur costume, confectionnés de A à Z. Un des costumse, le 'héro', n'est pas altéré, tandis que les autres sont 'vieillis' et usés par le département dont c'est la fonction : on ajoute une tâche de boue ici, une décoloration à cause de l'eau de mer là...
En effet, les costumes de House of the Dragon sont élaborés avec le savoir-faire et l'attention aux détails d'une collection de haute couture. Chaque fil, chaque perle, chaque écaille est vérifiée, peu importe si ça terminera recouvert de sang ou dans une scène trop sombre ou trop rapide pour se rendre compte de ses nuances. “Il y a une telle attention pour les détails : même si les gens ne les voient pas ou ne peuvent pas les voir, ils les chercheront,” dit McCall. Tout ce travail explique le “phénomènal” dans la “tâche phénomènale” qu'elle mentionnait plus haut, mais c'est ce qui fait la différence entre une série qui est oubliée et une série qui reste dans les esprits longtemps après la diffusion de son dernier épisode.




















