L’Œuf surgit dans la tente, haletant. Sa capuche était de nouveau tombée sur ses épaules et la lueur du brasier se reflétait dans ses immenses yeux sombres.
« Venez ! Venez tout de suite ! Il est en train de lui faire du mal ! »
Surpris, Dunk se redressa.
« Qui ça ?
— Aerion ! cria le garçon. Il lui fait du mal. À la fille des marionnettes. Vite ! »
Aussitôt, il perçut des cris en provenance de l’allée des marchands et vit l’Œuf courant, là-bas au loin. Dunk se lança à sa poursuite. Ses jambes étant bien plus longues que celles du gamin, il ne tarda pas à le rattraper.
Le petit théâtre de fortune gisait, brisé, sur le sol, près de la grosse Dornienne qui pleurait. Un soldat lui arracha les pantins représentant Florian et Jonquil pour y mettre le feu. Trois autres gardes ouvraient des coffres et en renversaient le contenu pour le piétiner. Le dragon de bois peint était en miettes : une aile brisée ici, la tête là, la queue en trois morceaux. Et au milieu de tout cela se dressait le prince Aerion, resplendissant dans son manteau de feu aux longues manches, tordant le bras de Tanselle. À genoux, elle le suppliait. Aerion l’ignorait. D’une poigne de fer, il la força à ouvrir la main pour lui saisir un doigt. Dunk resta figé stupidement, n’arrivant pas à en croire ses yeux. Puis il entendit un crac et Tanselle hurla.
Alors, il se précipita.


L’homme d’Aerion qui essaya de le retenir s’envola par-dessus les premiers spectateurs. En trois grands pas, Dunk eut rejoint le prince, qu’il attrapa par l’épaule, l’obligeant à se retourner. Il avait depuis longtemps oublié son épée et sa dague, et tout ce que l’Ancien lui avait enseigné. Son poing décolla Aerion de terre, sa botte le cueillit en plein ventre. Quand Aerion voulut s’emparer de son couteau, Dunk lui écrasa le poignet d’un coup de talon et lui expédia un nouveau coup de pied dans la bouche. Il aurait continué à le frapper à mort si les hommes du prince ne s’étaient pas jeté sur lui : un à chaque bras et un troisième sur le dos. Il se débattit furieusement mais dès qu’il en chassait un, deux autres survenaient.
Finalement, ils parvinrent à le mettre à terre, lui clouant bras et jambes au sol. Aerion se releva, explorant sa bouche en sang d’un doigt prudent.
« Tu m’as cassé une dent, se plaignit-il, on va donc commencer par te briser toutes les tiennes. Pourquoi as-tu jeté ta vie aux ordures ? Pour cette putain ? »
Tanselle était recroquevillée à terre, tenant sa main blessée.
« Elle n’en vaut pas la peine, reprit-il. Et c’est une traîtresse. Le dragon ne doit jamais être vaincu. »
Il porta à nouveau la main à sa bouche avant de se tourner vers un de ses hommes.
« Trouve un marteau, Wate, commanda-t-il, et brise-lui toutes les dents. Ensuite, éventre-le. Montre-lui la couleur de ses entrailles ! »

« Non ! fit une voix d’enfant. Ne le touchez pas ! » Par les dieux, le gamin ! Il est brave... et inconscient, songea Dunk, tentant en vain de dégager ses bras des hommes qui le maintenaient.
« Tiens ta langue, stupide gamin. Va-t’en. Fuis. Ils vont te faire du mal ! » L’Œuf s’approcha.
« Non, ils ne le feront pas. S’ils le font, ils devront en répondre devant mon père. Et aussi devant mon oncle. Lâchez-le, je vous dis. Wate, Yorkel, vous me reconnaissez. Obéissez. »
Les mains retenant son bras gauche l’abandonnèrent puis ce fut au tour des autres. Dunk ne comprenait pas ce qui se passait. Les hommes d’armes reculaient. L’un d’entre eux alla même jusqu’à s’agenouiller. Puis la foule s’écarta pour livrer passage à Raymun Fossovoie. Il avait revêtu son casque et sa cotte de mailles et sa main reposait sur la garde de son épée. Derrière lui, son cousin Steffon avait déjà dégainé la sienne et, avec lui, la demi-douzaine d’hommes d’armes arborant la pomme rouge sur leur poitrine.
Le prince Aerion ne leur accorda pas la moindre attention.
« Espèce de petit morveux impudent », dit-il à l’Œuf, crachant du sang aux pieds du garçon. « Qu’est-il arrivé à tes cheveux ?
— Je les ai rasés, cher frère, répliqua tranquillement le gamin, pour ne pas te ressembler. »


L’après-midi remplaça la matinée. Au loin, la rumeur du tournoi faiblit lentement avant de mourir. Le crépuscule commença à se glisser dans la cellule mais Dunk restait toujours assis devant la fenêtre, fixant les ombres qui se rassemblaient au-dehors tout en essayant d’ignorer les plaintes de son ventre vide.
C’est alors qu’il entendit des bruits de pas tout proches et le tintement de lourdes clés de fer. Il déplia sa longue carcasse et se dressa au moment où la porte s’ouvrait. Deux gardes entrèrent dont l’un portait une lampe à huile. Un serviteur les suivait avec un plateau de nourriture. Enfin apparut l’Œuf.
« Laissez la lampe et la nourriture et partez », leur ordonna le garçon.
— Il n’y a pas de couteau, observa-t-il. Ont-ils peur que je te poignarde, petit ?
— Ils ne m’ont pas dit de quoi ils avaient peur. Mon oncle affirme que je dois humblement vous demander pardon pour vous avoir trompé.
— Ton oncle, réfléchit Dunk. Il doit s’agir du prince Baelor ? »
Le garçon semblait à l’agonie.
« Je n’ai jamais voulu vous mentir.
— Mais tu l’as fait. Sans vergogne. En commençant par ton nom. Qui a jamais entendu parler d’un prince nommé l’Œuf !
— C’est le diminutif d’Aegon. C’est mon frère Aemon qui m’a surnommé ainsi, celui qui est à la Citadelle pour apprendre à devenir médecin. Et Daeron m’appelle l’Œuf, lui aussi, de temps en temps, tout comme mes sœurs. »
— Pourquoi as-tu agi ainsi ? Pour me faire une mauvaise farce ? Pour te moquer d’un stupide chevalier errant ?
— Non. »
Les yeux du garçon étaient emplis de larmes mais il ne les baissait pas et continuait à lui faire vaillamment face.
« Je croyais que tu étais comme moi, dit-il. Peut-être l’es-tu, après tout. Mais pas de la façon que j’imaginais.
— Nous venons quand même tous deux de Port-Réal », fit le garçon avec espoir.
Dunk ne put s’empêcher de rire.
« Oui ; toi, tu es né au château, et moi dans vos poubelles.
— Ce n’est pas si loin, messer. »
Dunk mordit dans un oignon.
« Faut-il que je t’appelle Altesse, Votre Grâce ou quelque chose de ce genre ?
— À la cour, admit le garçon. Autrement, vous pouvez continuer à m’appeler l’Œuf, si vous voulez, messer.
— Que vont-ils faire de moi, l’Œuf ?
— Mon oncle veut vous voir. Quand vous aurez fini de manger, messer. »
Dunk repoussa le plateau et se leva.
« J’ai fini, alors. J’ai déjà frappé un prince, je n’ai pas intérêt à en faire attendre un autre. »

Lord Sorbier avait cédé ses propres appartements au prince Baelor pour la durée de son séjour. Ce fut donc dans le solarium du maître du château que l’Œuf – non, Aegon, il allait devoir s’y faire ! – conduisit Dunk. Baelor lisait, assis près d’une chandelle. Le chevalier errant s’agenouilla devant lui.
« Aegon aurait dû venir me trouver en voyant son frère s’attaquer à ces saltimbanques. Au
lieu de cela, il a couru vers vous. Ce n’était pas un service qu’il vous rendait. Quant à vous, messer, ce que vous avez fait... Eh bien, je crois que j’aurais agi exactement pareil, mais je suis un prince du royaume, pas un chevalier errant. Il n’est jamais sage de frapper le petit-fils d’un roi, quelle qu’en soit la raison. »
Dunk acquiesça avec morosité. L’Œuf lui tendit un gobelet d’argent rempli de vin. Il l’accepta et but une longue gorgée.
« Je hais Aerion, déclara l’Œuf avec véhémence. Et je n’avais pas d’autre choix que d’aller trouver messer Duncan, mon oncle, le château était trop loin.
— Aerion est ton frère, répliqua le prince avec fermeté, et les septons disent qu’on doit aimer ses frères. Aegon, laisse-nous à présent, je désire parler à messer Duncan en privé. »
Le garçon posa la carafe de vin et s’inclina avec raideur.
« Comme vous voulez, Votre Grâce. » Il disparut derrière la porte qu’il referma doucement derrière lui.
Baelor Briselance dévisagea longuement Dunk. « Messer Duncan, permettez-moi une question délicate... Êtes-vous vraiment un bon chevalier ? Possédez-vous un réel talent, les armes à la main ? » Dunk ne sut que répondre.
Le prince but une gorgée de vin avant de poursuivre :
« Quoi qu’il en soit, peu importe ce que mon frère croit ou pas, un fait demeure : vous avez levé la main sur un prince du sang. Pour cette offense, vous devez être jugé, condamné et puni.
— Puni ? »

« Un jugement des Sept, dit le prince Aerion en souriant. C’est mon droit, je crois, non ? »
Fronçant les sourcils, le prince Baelor eut un geste d’impatience. À sa gauche, Sorbier hocha lentement la tête.
« Pourquoi ? demanda le prince Maekar, se penchant vers son fils. Aurais-tu peur d’affronter seul ce chevalier errant et de laisser les dieux décider de la véracité de tes accusations ?
— Peur ? fit Aerion. De ce misérable ? Ne soyez pas absurde, père. Je pense surtout à mon frère bien-aimé. Daeron a été lui aussi offensé par ser Duncan et, à vrai dire, avant moi. Il a la primeur. Un jugement des Sept nous permettra à tous deux d’effacer cet affront.
— Je me passerai volontiers de tes faveurs, frère », maugréa Daeron Targaryen.
Six chevaliers ! Ils auraient aussi bien pu me demander d’en dénicher six mille. Il n’avait ni frère, ni cousin, ni vieux camarade avec qui il ait partagé guerres et batailles. Pourquoi six étrangers risqueraient-ils leur vie pour défendre un chevalier errant contre deux princes royaux ?
« Votre Grâce, messeigneurs, s’enquit-il, et si personne ne prend mon parti ? »
Maekar le dévisagea froidement.
« Si une cause est juste, les vrais preux se battent pour elle. Si vous ne pouvez trouver aucun champion, messer, ce sera parce que vous êtes coupable. Cela me paraît l’évidence même. » Le Chevalier Errant
ça rend bien les armures assorties
RépondreSupprimerRee(ninadobrev)
RépondreSupprimerouais en voyage également !
RépondreSupprimerElle semble avoir passé un bon moment une fois encore !
RépondreSupprimeroh que oui sa donne envie !!
RépondreSupprimermais il commence à faire plus chaud et la neige fond sa fait plaisir !
RépondreSupprimer20 degré wow !! nous on set content d'Avoir 6 ahah XD !
RépondreSupprimersa eptite robe a pois ou ce qu'elle est est bien jolie !
RépondreSupprimerje ne sais pas du tout qui est cette blonde !
RépondreSupprimerAshley park est la fille qui joue au côté de lily collins dans la série Emily in pairs
RépondreSupprimerelle est jolie
RépondreSupprimertrès jolie phot !
RépondreSupprimerson maillot est beau surla dernière photo !
RépondreSupprimerMerci de ta visite et pour tse commetnaires - Bisous Xx
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