Il retrouva l’Œuf au spectacle de marionnettes, assis en tailleur, la capuche de son manteau baissée sur son front pour cacher son crâne nu. Le garçon avait eu peur de venir au château, ce que Dunk imputait à parts égales à la honte et à la timidité. Il ne s’estime pas digne de croiser des lords et des dames, sans parler des princes. Il avait connu les mêmes craintes quand il était plus jeune. Au-delà des bas-fonds, le monde lui semblait aussi effrayant qu’excitant. L’Œuf a besoin de temps, c’est tout. Pour le moment, il lui avait paru plus magnanime de donner quelques sous au gamin et de le laisser s’amuser parmi les échoppes plutôt que de le traîner avec lui au château.
Ce matin, les saltimbanques jouaient la fable de Florian et Jonquil. La grosse femme de Dorne manipulait Florian dans son armure bariolée, tandis que la grande fille tenait les fils de Jonquil.
« Tu n’es pas chevalier, dit-elle tandis que la bouche de la marionnette bougeait de bas en haut. Je te connais. Tu es Florian le Fou.
— C’est vrai, madame, répondit l’autre pantin en s’agenouillant. Et je suis aussi fou que chevalier.
— Fou et chevalier ? repartit Jonquil. Qui a jamais entendu parler d’une chose pareille ?
— Belle dame, dit Florian, tous les hommes sont des fous, et tous les hommes sont des chevaliers, quand ils se retrouvent face à une femme. »
Le spectacle était bon, mêlant tristesse et cocasserie. Un duel bondissant venait relancer la fin et un géant joliment peint s’ajoutait aux deux protagonistes. Quand ce fut terminé, la grosse femme fit la quête dans la foule, tandis que la fille remballait les pantins.
Accompagné par l’Œuf, Dunk alla la rejoindre.
« Messer ? » s’enquit-elle avec un regard de côté et un demisourire. Malgré sa bonne tête de moins que lui, elle demeurait la fille la plus grande que Dunk ait jamais rencontrée.
« C’était bien, s’enthousiasma l’Œuf. J’adore comment tu les fais bouger, Jonquil, le dragon et les autres. J’ai vu un spectacle de marionnettes l’an dernier, mais elles bougeaient moins bien, elles étaient toutes raides. Les tiennes sont souples. »
Elle remercia le garçon.
« Vos figurines sont bien sculptées, aussi, ajouta Dunk. Le dragon, en particulier. Il est effrayant. Vous les faites vous-mêmes ? »
Elle hocha la tête.
« Mon oncle les sculpte et je les peins.
— Vous pourriez peindre quelque chose pour moi ? J’ai de quoi vous payer. »
Dunk fit glisser le bouclier de son épaule pour le lui montrer.
« Je dois recouvrir ce calice. »
L’artiste jeta un œil au bouclier avant de le dévisager à nouveau.
« Et que voudriez-vous que je peigne ? »
Dunk n’y avait pas réfléchi et n’en avait pas la moindre idée.
Dunk le crétin, bête comme une porte de prison...
« Je ne... je ne sais pas trop. »
Au comble de la honte, il sentit ses oreilles rougir violemment.
« Vous devez me trouver à moitié fou. »
Elle sourit. « Tous les hommes sont des fous et tous les hommes sont des chevaliers.
— Quelles couleurs avez-vous ? demanda-t-il, dans l’espoir que cela l’inspirerait.
— Je peux vous obtenir toutes celles que vous désirez. »
Le brun de l’Ancien avait toujours paru terne aux yeux de Dunk.
« J’aimerais que le champ ait la couleur du soleil couchant, ditil subitement. L’Ancien aimait le crépuscule. Quant au motif...
— Un orme, proposa l’Œuf. Un grand orme, comme celui du bord de la rivière, avec un tronc marron et des branches vertes.
— Oui, approuva Dunk. C’est une bonne idée. Un orme... mais avec une étoile filante au-dessus. Vous pourriez le faire ? »
La fille hocha la tête.
« Donnez-moi le bouclier. Je le peindrai cette nuit. Il sera prêt demain matin. »
Dunk le lui tendit.
« Je me présente : ser Duncan le Grand.
— On me nomme Tanselle. Tanselle la Dégingandée, disent les garçons.
— Vous n’êtes pas dégingandée ! s’exclama Dunk. Juste assez pour... »
Comprenant ce qu’il était sur le point de dire, il rougit furieusement.
« Pour ? demanda Tanselle en penchant la tête avec curiosité.
— Pour les marionnettes », conclut-il lamentablement.
« Tue-le ! cria soudain l’Œuf. Tue-le ! Il est à toi ! Tue-le, tue-le ! »
Dunk ne savait pas trop à quel chevalier il s’adressait.
La lance du prince Aerion, au bout doré et peinte de rayures rouges, orange et jaunes s’inclina par-dessus la barrière. Il est bas, trop bas, pensa Dunk. Il va le rater et toucher son cheval, il faut qu’il la redresse. Puis, avec une horreur grandissante, voyant que la hausse de la lance ne variait pas, il commença à soupçonner Aerion d’agir volontairement. Ce n’est pas possible, il ne va pas...
Au dernier moment, l’étalon de messire Humphrey, les yeux fous de terreur, rua pour s’écarter de cette pointe qui fonçait sur lui. Mais il était déjà trop tard. La lance d’Aerion atteignit l’animal juste sous l’armure qui protégeait son poitrail et plongea dans son cou, d’où jaillirent des flots de sang écarlate. Hurlant, la pauvre bête s’écrasa à terre, fracassant la barrière de bois sous son poids.
Humphrey essaya de bondir pour sauter à bas de sa monture mais un de ses pieds resta pris dans son étrier, et tous entendirent son cri quand sa jambe se trouva broyée entre la barrière et le cheval. La plaine entière vociférait. Des hommes accoururent pour dégager le lord emprisonné mais l’étalon, dans son agonie, ruait follement des quatre fers, les empêchant d’approcher. Aerion, ayant tranquillement contourné le carnage, avait gagné l’extrémité de la lice. Il fit faire volte-face à sa monture et revint au galop. Il criait, lui aussi, mais Dunk n’entendait pas ce qu’il disait tant les gémissements presque humains du cheval à l’agonie étaient assourdissants. Sautant de selle, Aerion dégaina son épée et s’avança vers son adversaire à terre. Ses propres écuyers et l’un de ceux de Humphrey durent le retenir. L’Œuf se tortilla sur les épaules de Dunk.
« Laissez-moi descendre, dit-il. Le pauvre cheval, laissez-moi descendre. »
Dunk avait la nausée à ce spectacle. Que ferai-je s’il arrive une telle chose à Tonnerre ? Quand un homme d’armes muni d’une hache mit un terme aux souffrances et aux hurlements de l’étalon, Dunk se détourna et se fraya un passage à travers la foule. Dès que
celle-ci se fit moins dense, il souleva l’Œuf de ses épaules et le déposa à terre. La capuche du gamin était retombée et il avait les yeux rouges.
« C’est vrai, dit Dunk, c’était terrible. Mais un écuyer doit être fort. Tu verras des choses bien pires, j’en ai peur. Cette erreur...
— Ce n’était pas une erreur, affirma l’Œuf, les lèvres tremblantes. Aerion l’a fait exprès. Et vous le savez. »
Dunk fronça les sourcils. C’était effectivement ce qu’il avait pensé mais il était difficile d’accepter qu’un chevalier puisse faire preuve d’une telle veulerie, particulièrement un chevalier dans les veines duquel coulait le sang du dragon.
« J’ai vu un chevalier perdre le contrôle de sa lance, conclut-il avec obstination. Je ne veux plus rien entendre à ce sujet. Le tournoi est terminé pour aujourd’hui, on dirait. Viens, petit. Rentrons. » Le Chevalier Errant
Coucou, t'en fais pas je te comprend, moi depuis la fin de sky j'ai du mal a venir alors que j'ai qu'une envie c'est de refaire des blog
RépondreSupprimerouais c,est sa^
RépondreSupprimerôuais elle y était présente aussi !
RépondreSupprimerporu le look de nina ce n,est pas du tout le plus jolie !
RépondreSupprimerouais les bottes je n'aime pas du tout sa par contre !
RépondreSupprimerje suis d'Accord avec toi !!
RépondreSupprimerMerci de ta visite et pour tes commentaires - Bisous Xx
RépondreSupprimerc'est fou de voir la foule à chaque fois
RépondreSupprimerheureusement qu'Egg est sur les épaules de Dunk :p
RépondreSupprimercoucou miss !
RépondreSupprimerça va ?
la scène du tournoi a l'air horrible
RépondreSupprimerIl se passe bien souvent des scènes trash dans ce genre d'évènement
RépondreSupprimerTu as trouvé que la scène était bien tournée et fidèle au livre dans la série ?
RépondreSupprimerJ'espère que la série n'est pas trop gore quand même
RépondreSupprimer> oui là elles sont à berlin si je me trompe pas, et lundi ce sera paris
RépondreSupprimerJ'ai entendu parler de the last dinner party sur la radio rock que j'écoute tiens ^^
J'ai pensé à toi du coup
> oui Abi est complétement dingue, je me demande comment elle tient le rythme, parce que elle saute, court, se jette par terre......
RépondreSupprimerahah ça demande beaucoup d'énergie en effet !
> ce n'était plus les animaux fantastiques, c'était la traque de grinderwald....
RépondreSupprimerOui ça n'a plus rien à voir avec les créatures et j'ai trouvé l'intrigue franchement longue ...
le manteau de dafne est mignon sur ce flashback
RépondreSupprimerson long manteau noir est joli et élégant en effet
un mitigée pour la jupe
RépondreSupprimerOui je comprends, pour les motifs, ça peut donner un effet vieillot
Bonne soirée et bon courage pour la nouvelle semaine, bisous
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